En pleine zone de turbulences budgétaires, la Guinée équatoriale vient de trancher un arbitrage de haute importance stratégique. Ce vendredi 6 mars, au Palais du Peuple, le Vice-Président Teodoro Nguema Obiang Mangue a acté le déblocage d'une enveloppe annuelle de 14 millions de dollars (environ 8,5 milliards FCFA). Ce montant, loin d'être un simple coût de maintenance, est le prix fixé par le géant chinois CMEC pour assurer la survie opérationnelle de la centrale de Turbogas, poumon énergétique de l'île de Bioko.
L'annonce intervient dans un contexte macroéconomique délicat. Alors que Malabo a validé un budget 2026 en repli de 8 %, conséquence directe de l'érosion continue de la production pétrolière, le gouvernement fait le choix assumé de la rigueur sélective. En présence des argentiers du pays (Trésor et Finances), le pouvoir a ordonné le paiement immédiat des prestations. Ce contrat verrouille non seulement la fourniture de pièces de rechange et l'assistance technique, mais relance la promesse de transfert de compétences au personnel local.
L'élément qui interpelle réside toutefois dans les coulisses de cet accord. Simultanément au chèque de 14 millions de dollars, la Vice-présidence a exigé l'élaboration urgente d'un plan de secours reposant sur des centrales thermiques au fioul. Pour un pays misant sur ses ressources gazières locales, le recours potentiel au fioul, dont le coût d'exploitation est nettement plus onéreux, trahit une certaine fébrilité quant à la fiabilité structurelle de Turbogas.
Quoi qu'il en soit, en priorisant ce décaissement par le Trésor public, Malabo élève la sécurité énergétique au rang d'urgence de souveraineté. Dans une économie où chaque dollar compte désormais pour le service de la dette et les investissements publics, l'État accepte de payer le prix fort pour éviter le risque économique d'un black-out dans la capitale.
Idrissa Diakité
Publié le 09/03/26 11:25
La Rédaction
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