Confronté à une production quotidienne de 800 tonnes de détritus sur l'axe Malabo-Bata, le gouvernement équato-guinéen explore un partenariat stratégique avec la firme espagnole GSR TECNOPROIN. L'objectif est à la fois d'éradiquer les décharges à ciel ouvert et de capter une nouvelle source de revenus grâce à la valorisation énergétique. Une ambition sous couvert de diversification économique.
En effet, en quête de nouvelles opportunités économiques pour s'émanciper de la dépendance pétrolière, la Guinée équatoriale entend se tourner vers l'économie circulaire. Pour ce faire, le Premier ministre, Manuel Osa Nsue, a dirigé ce mardi 19 mai 2026 une session de travail de haut niveau avec les dirigeants de GSR TECNOPROIN, une entreprise espagnole spécialisée dans le traitement des déchets ménagers, conduite par son directeur général, Javier de la Fuente Muñoz.
La présence à la table des négociations des ministres d'État aux Travaux publics, de l'Intérieur, et de l'Agriculture démontre la volonté de Malabo de structurer une véritable filière industrielle autour de la gestion des résidus urbains. Actuellement, les deux principales agglomérations du pays, Malabo et Bata, génèrent conjointement près de 800 tonnes de déchets par jour. Cette masse représentait jusqu'alors un coût logistique et environnemental lourd, que la proposition de GSR TECNOPROIN vise à transformer en un actif rentable.
La technologie présentée par l'entreprise espagnole, repose sur une adaptation des procédés de stérilisation issus de l'industrie de la conserve. En appliquant ce traitement thermique aux déchets ménagers, l'entreprise espagnole promet non seulement d'inhiber l'activité bactérienne et de supprimer les nuisances olfactives, mais surtout de recycler ces volumes en nouvelles ressources utilisables.
Pour un pays dont les recettes d'exportation restent exposées aux fluctuations des cours du brut, le modèle économique défendu par GSR TECNOPROIN offre des perspectives nouvelles avec notamment la transformation des matières organiques et solides qui permettrait d'alimenter les réseaux locaux en électricité. Si les discussions n'en sont qu'au stade de l'étude technique et commerciale, les discussions amorcées laissent présager la structuration future d'un Partenariat Public-Privé (PPP) ou d'un contrat de concession de services publics.
Idrissa Diakité
Publié le 20/05/26 15:11
La Rédaction
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