menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

Guinée équatoriale : Plus de 39 milliards FCFA de surfacturation présumée sur des travaux dans quatre aéroports

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 17h55min

La Guinée équatoriale a ordonné la réouverture d'une enquête portant sur plus de 39 milliards FCFA de surfacturation présumée dans des travaux d'électrification de quatre aéroports. Selon un communiqué de la vice-présidence publié le 22 octobre 2026, les investigations concernent 14 projets confiés à l'entreprise Sodilexa dans les aéroports de Bata, Mongomeyen, Corisco et Annobón. Cette décision fait suite à de nouvelles contradictions entre les évaluations techniques des travaux réalisés et les montants réclamés par l'entreprise. Le gouvernement entend désormais clarifier les engagements financiers des différentes parties avant tout règlement définitif.

Les soupçons portent principalement sur le coût des installations électriques et l'acquisition de 50 groupes électrogènes destinés à ces infrastructures aéroportuaires. En effet, les précédents rapports du ministère des Travaux publics et du cabinet de supervision CIEC avaient mis en évidence des surcoûts dépassant 39 milliards FCFA. Selon la vice-présidence, un document signé par l'État et Sodilexa fait également état d'une reconnaissance de surfacturation par l'entreprise, accompagnée d'un engagement à rechercher un accord avec les autorités. Ces conclusions avaient conduit le gouvernement à examiner les conditions financières d'exécution des contrats concernés.

Le différend a toutefois pris une nouvelle dimension après la présentation de données selon lesquelles l'État devrait, au contraire, 22 milliards FCFA à Sodilexa. Cette estimation, communiquée par la supervision des travaux, contredit les conclusions précédentes et remet en question le solde financier des opérations. Les deux montants ne correspondent pas à des créances définitivement établies et ne peuvent être compensés sans une vérification des contrats, des paiements déjà effectués et des prestations effectivement réalisées. Pour les autorités, l'enjeu consiste désormais à déterminer si l'entreprise doit rembourser des sommes perçues en excès ou si des travaux exécutés restent à payer.

Ce contentieux s'inscrit dans un dossier déjà examiné à plusieurs reprises par le gouvernement. Le 19 juin 2026, une première évaluation avait notamment évoqué une créance potentielle de 10 milliards FCFA au profit de l'État, concernant les seuls travaux de l'aéroport de Bata. Présentées par l'organisme public GE-Proyectos et confirmées par le superviseur SIEC, ces conclusions avaient conduit le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue à ordonner un audit de l'ensemble des contrats de l'entreprise, avec un délai d'un mois pour établir un rapport détaillé. Quatre mois plus tard, la persistance des divergences comptables conduit les autorités à reprendre les vérifications.

Pour mettre fin au différend, une commission multisectorielle a été chargée de réexaminer les certifications des travaux et les comptes des projets aéroportuaires concernés. Cette mission associera notamment le ministère des Travaux publics, GE-Proyectos, les services de l'Électricité et le cabinet de supervision Team. Ses conclusions devront permettre d'établir les montants effectivement dus et de déterminer les décisions financières à prendre. Au-delà du litige avec Sodilexa, l'issue de cette enquête pourrait peser sur les ressources nécessaires à l'achèvement des infrastructures aéroportuaires, tout en mettant à l'épreuve les dispositifs de contrôle des dépenses publiques engagés par Malabo.

Publié le 22/10/26 14:10

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

o7CWVdyQzKN7guNw0hMMapn_-T5tKh6DmBytoQ16KSA False