La Guinée Equatoriale va enclencher une procédure de recouvrement contraignant visant plusieurs dizaines de milliards de francs CFA d'arriérés fiscaux accumulés par des entreprises grossistes. Selon des déclarations officielles du vice-président Teodoro Nguema Obiang Mang , les montants en jeu avoisinent 57 milliards de francs CFA, un niveau jugé préoccupant pour les finances publiques.
D'après les informations communiquées par la présidence, les autorités dénoncent une faible mobilisation des débiteurs malgré une année de concertations et d'aménagements. Sur l'ensemble des sommes dues, seulement 2,041 milliards de francs CFA ont été effectivement versés, soit environ 4 % du total. Cette proportion est présentée par l'exécutif comme révélatrice d'un refus de se conformer aux obligations fiscales plutôt que d'une incapacité financière.
Dans ce contexte, le gouvernement opte pour un changement de méthode. Le Premier ministre ainsi que les ministères en charge des Finances et du Commerce ont reçu instruction de mettre en œuvre un dispositif de prélèvement direct sur les revenus des entreprises concernées. Ce mécanisme doit permettre de capter automatiquement une fraction des recettes transitant par leurs comptes jusqu'au remboursement intégral des dettes fiscales, selon les mêmes sources officielles.
Pression accrue sur les opérateurs économiques
Cette orientation marque un durcissement du ton à l'égard de certains acteurs du secteur privé, dans un pays où l'administration fiscale cherche à élargir son assiette et à sécuriser ses recettes. Les autorités rappellent, dans leurs communications, que l'impôt constitue un levier central du financement des politiques publiques. Les recettes attendues sont destinées à soutenir les dépenses de l'État, notamment dans les infrastructures et les services essentiels.
A ce stade, la liste des entreprises concernées n'a pas été rendue publique. Aucun détail n'a été fourni non plus sur la répartition sectorielle des dettes ou sur le calendrier précis de mise en œuvre des prélèvements.
L'enjeu budgétaire reste toutefois significatif. Une enveloppe de plus de 50 milliards de francs CFA représente une ressource substantielle pour la Guinée Equatoriale, dont l'économie demeure largement dépendante des hydrocarbures. Dans un contexte de volatilité des cours du pétrole, la sécurisation des recettes fiscales apparaît comme un levier immédiat pour atténuer les effets des fluctuations externes et stabiliser les équilibres financiers du pays.
Perton Biyiha
Publié le 03/04/26 14:54
La Rédaction
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