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Guinée équatoriale : un projet de câble sous-marin à 20–60 millions d’euros pour sécuriser l’accès à Internet

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La Guinée équatoriale envisage d'engager entre 20 et 60 millions d'euros pour se raccorder à un nouveau câble sous-marin international, dans le but de réduire les interruptions récurrentes de service et d'améliorer la qualité de l'accès à Internet. Cette estimation ressort d'une étude technique et financière présentée le 2 avril 2026 à Malabo, lors d'une réunion présidée par le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue.

L'analyse, confiée au cabinet MASON et lancée en 2023, examine les conditions de transport de la connectivité dans le pays et, plus largement, dans la sous-région. Elle met en évidence les limites actuelles du réseau équato-guinéen, notamment sa vulnérabilité face aux incidents techniques affectant certains câbles existants, dont le système ASD, régulièrement cité parmi les sources de perturbations.

Au cœur des recommandations figure un raccordement au câble sous-marin Medusa, une infrastructure reliant l'Europe à l'Afrique du Nord. Les experts estiment que cette connexion permettrait d'augmenter les capacités disponibles tout en améliorant la stabilité du réseau national. Le point d'atterrissement envisagé se situe à Bome, sur la façade continentale du pays, un choix justifié dans l'étude par la densité démographique de la zone et sa proximité avec les centres administratifs.

Le coût du projet reste conditionné à plusieurs paramètres techniques. Des études maritimes complémentaires doivent encore être validées. Des accords avec les partenaires du projet Medusa ainsi que la mobilisation de financements externes sont également attendus. Selon les projections présentées lors de la réunion, une mise en service pourrait intervenir à l'horizon 2029-2030.

Le vice-président a indiqué que la proposition serait soumise à un examen approfondi par un comité technique en lien avec les promoteurs du câble. Les autorités entendent ainsi arbitrer entre les différentes options disponibles pour renforcer la connectivité internationale du pays.

Des investissements déjà engagés pour réduire la dépendance

Ce projet s'inscrit dans une série d'investissements engagés ces dernières années pour améliorer l'infrastructure numérique. En 2023, la société publique GITGE a finalisé une liaison sous-marine de 266 kilomètres entre l'île d'Annobón et São Tomé-et-Principe, pour un coût supérieur à 12 millions d'euros, soit environ 8 milliards de francs CFA, selon des données communiquées par les autorités équato-guinéennes.

Cette infrastructure, d'une capacité de 4,8 térabits, a permis de réduire la dépendance de l'île aux connexions satellitaires, jugées plus coûteuses. D'après les responsables techniques de GITGE, la mise en service de ce câble améliore l'accès au haut débit et réduit les coûts pour les utilisateurs finaux.

Le pays dispose désormais de plusieurs connexions sous-marines, notamment via les systèmes ACE, Ceiba-1 et Ceiba-2, auxquels s'ajoute cette nouvelle liaison régionale. D'autres projets ont été évoqués par les autorités, parmi lesquels un câble entre Mandji et Corisco ainsi que la création d'un centre de données capable d'accueillir jusqu'à huit câbles internationaux. 

Parallèlement à ces options par câble, le gouvernement explore une alternative satellitaire. La Guinée équatoriale étudie l'introduction du service internet par satellite Starlink sur son marché des télécommunications. L'option a été évoquée lors de la présentation au gouvernement du rapport final de l'audit du projet de télévision numérique terrestre, selon un compte rendu officiel publié en mars 2025. 

 

Perton Biyiha

Publié le 03/04/26 13:24

La Rédaction

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