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L'Etat gabonais réactive le Comité de la dette publique face au défi de 8 500 milliards FCFA d’encours

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Le Conseil des ministres du 30 avril dernier a adopté un décret portant création et organisation du Comité National de la Dette Publique (CNDP). Cet organe est placé sous l'autorité du ministre en charge de la Dette publique. Sa création répond à une obligation de la CEMAC datant de 2007, bien que des tentatives similaires en 2013 et 2018 n'aient jamais été mises en œuvre.

Le CNDP devient l'organe unique de coordination, de conseil et de contrôle en matière de politique d'endettement. Cette architecture vise à centraliser la gestion de la passivité de l'État dans un contexte de forte pression financière. En effet, à fin novembre 2025, l'ampleur du chantier est illustrée par un encours global de la dette de 8 547,238 milliards FCFA soit un peu plus de 15,2 milliards de dollars US, marquant une hausse vertigineuse de près de 20 % (+1 414 milliards) par rapport à fin 2024.

Le caractère contraignant du CNDP est renforcé par son effet suspensif sur tout projet d'endettement. Aucune opération ne peut être validée sans sa saisine préalable. Cette rigueur est devenue vitale tant le service de la dette (remboursement du capital et intérêts) pèse lourdement sur les caisses de l'État, s'élevant à 1 835,887 milliards FCFA soit un peu plus de 3,3 milliards de dollars US sur les onze premiers mois de l'année 2025. Les prévisions de remboursement pour l'année entière ont d'ailleurs dû être revues à la hausse pour atteindre 2 028,049 milliards FCFA soit un peu plus de 3,6 milliards de dollars US.

Cette activation intervient alors que le stock des arriérés de paiement s'est établi à 437,474 milliards FCFA, en progression de 166 milliards en un an. Le CNDP devra donc arbitrer entre une dette intérieure importante (4 345,7 milliards FCFA), largement portée par le marché financier régional, et une dette extérieure (4 201,5 milliards FCFA) dominée par les bailleurs multilatéraux. En s'alignant sur les standards de la CEMAC, Libreville cherche désormais à restaurer sa crédibilité financière internationale.

Idrissa Diakité

Publié le 04/05/26 13:52

La Rédaction

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