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La Banque mondiale lance sa 1ère stratégie numérique pour stimuler l’emploi dans les pays en développement

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Le groupe de la Banque mondiale entend faire du numérique un levier de croissance économique et de création d'emplois dans les pays en développement. L'institution a annoncé le lancement de sa première stratégie numérique, destinée à mobiliser ses ressources financières, son expertise et les investissements du secteur privé, pour élargir l'accès aux technologies, améliorer les services et favoriser de nouvelles opportunités économiques.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une forte pression sur les marchés du travail. Selon les projections avancées par l'institution, 1,2 milliard de jeunes atteindront l'âge de travailler dans les pays en développement au cours des 10 à 15 prochaines années, alors que leurs économies devraient créer environ 420 millions d'emplois. Le numérique apparaît ainsi comme un levier potentiel pour contribuer à réduire cet écart, en facilitant l'activité des entreprises, l'accès aux marchés et l'amélioration de la productivité. ‘'Les technologies numériques peuvent aider les pays à créer des emplois et à optimiser l'utilisation des ressources limitées'', a souligné Ajay Banga, président du groupe de la Banque mondiale. Pour lui, la concrétisation de ce potentiel suppose une approche globale associant connectivité fiable, équipements abordables, compétences numériques et services utiles.

Quatre priorités pour réduire la fracture numérique

La stratégie s'articule autour de quatre axes complémentaires. Le premier consiste à développer une connectivité fiable, en comblant les lacunes des infrastructures, depuis les câbles internationaux et les réseaux nationaux jusqu'aux connexions desservant les ménages, les entreprises, les établissements scolaires et les centres de santé. Pour y parvenir, la Banque mondiale prévoit notamment de soutenir les infrastructures partagées, de favoriser la concurrence et de recourir à des financements et à des garanties publiques afin d'attirer les investisseurs privés vers les marchés insuffisamment desservis. L'institution préconise également une planification conjointe de l'électricité et de la connectivité dans les zones où ces deux infrastructures font défaut.

Le deuxième axe porte sur l'accessibilité financière des équipements et des services. L'objectif est de réduire le coût des smartphones d'entrée de gamme et des forfaits de données, qui constituent encore un frein à l'adoption du numérique. Des partenariats avec les fabricants, les opérateurs mobiles, les institutions financières et les entreprises de reconditionnement pourraient favoriser des équipements moins chers et des solutions de paiement échelonné adaptées.

Le troisième volet vise à renforcer les services et les compétences numériques. La Banque mondiale entend soutenir des systèmes fiables d'identification numérique, de paiement et de partage sécurisé de données, afin de faciliter l'accès aux services publics et privés. Elle prévoit également d'accompagner le développement de la culture numérique et de formations directement liées aux besoins du marché du travail, notamment au bénéfice des petites entreprises.

La quatrième priorité concerne la préparation des pays à l'intelligence artificielle (IA). La Banque mondiale entend les accompagner dans le renforcement de leur connectivité, l'accès aux capacités de calcul, la constitution de données locales exploitables et le développement des compétences nécessaires à l'utilisation de ces technologies. La stratégie privilégie notamment l'" IA à petite échelle ", c'est-à-dire des outils conçus pour répondre à des besoins précis et adaptés aux réalités locales. Dans l'agriculture, ces applications pourraient aider les producteurs à identifier des maladies affectant les cultures. Dans la santé, elles pourraient assister les professionnels dans certaines tâches, tandis que les entreprises pourraient s'en servir pour optimiser la gestion de leurs stocks.

Plus de 2 milliards de personnes encore privées d'Internet

L'ampleur des disparités d'accès justifie, selon l'institution, cette nouvelle orientation. En 2025, plus de 2 milliards de personnes dans le monde n'étaient toujours pas connectées à Internet. Dans les pays à faible revenu, seuls 23 % des habitants utilisaient Internet, contre 94 % dans les pays à revenu élevé. Au-delà de la couverture des réseaux, le coût des équipements et des forfaits, le manque de compétences numériques et l'insuffisance de services répondant aux besoins des populations continuent de limiter l'utilisation effective des technologies. Autrement dit, la présence d'un réseau ne garantit pas à elle seule un accès réel au numérique.

Pour la Banque mondiale, la réduction de cette fracture doit permettre aux entreprises d'atteindre de nouveaux clients, d'améliorer leur efficacité et d'accéder plus facilement au financement. Les technologies peuvent également contribuer à réduire les coûts de fonctionnement des services publics et à améliorer leur qualité. Ces effets sont particulièrement attendus dans les cinq secteurs prioritaires de l'institution : les infrastructures et l'énergie, l'agroalimentaire, la santé, le tourisme et l'industrie manufacturière à valeur ajoutée. Dans ces domaines, les outils numériques peuvent notamment faciliter la gestion des activités, l'accès à l'information et l'organisation des chaînes de valeur.

Des financements à adapter aux priorités nationales

La mise en œuvre de la stratégie reposera sur la combinaison de financements, de conseils stratégiques, d'investissements privés et de garanties, en fonction des priorités propres à chaque pays. Le Groupe de la Banque mondiale entend également renforcer sa coopération avec les gouvernements, les entreprises technologiques, les partenaires au développement et les organisations philanthropiques. L'enjeu dépasse ainsi la simple extension de la couverture Internet. Il s'agit de convertir l'accès aux outils numériques en gains de productivité, en amélioration des services et en possibilités concrètes de revenus.

Pour les économies en développement, la portée de cette stratégie dépendra notamment de leur capacité à lever les obstacles financiers, à former leur main-d'œuvre et à développer des usages adaptés à leurs besoins. Dans un contexte de forte pression démographique et de création d'emplois insuffisante au regard des besoins annoncés, la Banque mondiale place ainsi les infrastructures numériques, les compétences et l'intelligence artificielle au cœur de son approche du développement économique.

Publié le 20/10/26 10:42

Narcisse Angan

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