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La BEAC s’inquiète de l’exposition croissante des banques aux États de la CEMAC

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Les banques de la Communauté économique et des États de l'Afrique centrale (CEMAC) affichent une confiance grandissante en la dette publique, une tendance qui suscite des alertes prudentielles de la part de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC). Selon les derniers chiffres de l'institution monétaire qui figurent dans son dernier sur la politique monétaire, les créances nettes du système bancaire sur les États ont augmenté de 7,5% pour atteindre 10 873,6 milliards FCFA, reflétant ‘'la persistance des besoins de financement public''.

Cette croissance soutenue des créances sur les États ‘'appelle à une vigilance accrue quant au risque d'éviction du secteur privé et de surexposition du système bancaire au risque souverain'', met en garde la BEAC dans son analyse. Le ‘'risque souverain'' désigne la probabilité qu'un État ne soit pas en mesure d'honorer ses dettes. Une telle situation pourrait avoir des répercussions en cascade sur la stabilité des établissements financiers qui détiennent une large part de ces titres de la dette publique.

Le dynamisme du marché de la dette publique dans la sous-région renforcent les craintes de la BEAC. Sur les douze mois précédant juin 2025, l'encours total des ‘'valeurs du Trésor'' – un terme qui regroupe les obligations et les bons d'État émis pour financer le budget – a grimpé de 26,2%, passant de 6 871,7 à 8 672,4 milliards FCFA.

Durant cette période, les Trésors publics des pays de la CEMAC (Cameroun, Gabon, Congo, Tchad, Centrafrique et Guinée équatoriale) ont collecté 5 127,8 milliards FCFA via 431 adjudications. Ces adjudications, des appels d'offres où l'État emprunte auprès des investisseurs, ont permis de lever 3 192,4 milliards en Bons du Trésor Assimilables (BTA, des titres de dette à court terme) et 1 935,3 milliards en Obligations du Trésor Assimilables (OTA, des engagements à moyen et long terme).

L'analyse de la détention de ces titres publics à la fin du mois de juin 2025 révèle une concentration notable du risque. Les Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT), un statut accordé à des établissements de crédit agréés pour être les interlocuteurs privilégiés des États sur le marché de la dette, détiennent à eux seuls 66,3% de l'encours total.

Viennent ensuite les investisseurs institutionnels – sociétés d'assurance, fonds de pension et caisses de dépôts – qui possèdent 17,1% des titres. Les banques non-SVT et les particuliers en détiennent respectivement 11,4% et 3,5%. Enfin, la BEAC elle-même détient 1,6% des titres en circulation, un héritage de son programme exceptionnel de rachat mis en place pour aider les États à faire face aux impacts économiques de la pandémie de Covid-19.

Dans un contexte de forte absorption de capitaux par les États, le secteur privé régional a, pour le moment, continué à bénéficier de financements conséquents. Les crédits à l'économie – les prêts accordés par les banques aux entreprises et aux particuliers – ont progressé de 11,3 % pour atteindre 12 810,6 milliards de FCFA. Cette hausse est un indicateur du soutien apporté par le système bancaire à l'activité économique, en particulier dans les secteurs de l'industrie et des services.

Une analyse par maturité montre une forte progression des crédits à court terme (+15,5%), qui ont contribué pour 8,3 points à la croissance globale du crédit. Les crédits à moyen terme ont augmenté de 5,1% (contribuant à hauteur de 2,2 points), tandis que les prêts à long terme ont connu la plus forte croissance en pourcentage (+25,3%), mais avec une contribution marginale de seulement 0,8 point.

Perton Biyiha

Publié le 06/10/25 10:00

La Rédaction

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