La Guinée Équatoriale engage une réforme profonde de son architecture statistique avec le lancement officiel des travaux du Comité National de Pilotage (CNP) dédié au changement de l'année de base de ses comptes nationaux. Présidée par le Secrétariat d'État aux Impôts et Contributions, cette initiative marque la transition du pays vers le Système de Comptabilité Nationale 2008 (SCN 2008), la norme internationale de référence édictée par les Nations Unies. Ce basculement est une étape charnière pour moderniser la lecture des indicateurs macroéconomiques du pays, jusque-là basés sur des méthodes datant de 1993.
Le passage au SCN 2008 permet une évaluation beaucoup plus fine et exhaustive de la richesse nationale. Contrairement aux anciennes normes, le nouveau référentiel intègre des actifs immatériels comme la recherche et développement (R&D), les logiciels ou encore une meilleure mesure de l'économie numérique et financière. Pour un pays comme la Guinée Équatoriale, engagé dans une stratégie de diversification hors-pétrole, ce rebasage est essentiel pour capter la contribution réelle des secteurs émergents (agriculture, industrie, services) qui restaient jusqu'ici sous-évalués dans les statistiques officielles.
Ce projet revêt également une dimension stratégique dans les relations de Malabo avec la communauté financière internationale. En alignant ses statistiques sur les standards mondiaux les plus récents, la Guinée Équatoriale renforce la transparence et la crédibilité de ses données économiques auprès du FMI, de la Banque Mondiale et des investisseurs privés. Une nomenclature des produits et des activités mieux définie facilite les comparaisons internationales et permet au gouvernement de piloter les politiques publiques avec une précision accrue, conformément aux objectifs de l'Agenda Guinée Équatoriale 2035.
Ce changement de base pourrait entraîner une réévaluation mécanique du niveau du PIB nominal, impactant directement les ratios de solvabilité et d'endettement du pays. En fournissant une photographie plus fidèle de la structure actuelle de son économie, Malabo cherche à améliorer sa notation souveraine et à attirer des investissements directs étrangers (IDE) dans un cadre macroéconomique plus lisible. Cette modernisation est donc bien plus qu'une simple mise à jour technique ; c'est un outil de compétitivité au service de la transformation économique du pays.
Publié le 11/05/26 16:40
La Rédaction
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CEMAC