La République démocratique du Congo et la Chine ont signé, le 26 mars à Pékin, un mémorandum d'accord portant sur la coopération dans les domaines de la géologie et des ressources minérales.
L'accord encadre de manière précise les échanges entre les deux États dans le secteur minier. Il porte à la fois sur la connaissance du sous-sol, à travers la coopération géologique et le partage d'expertise, et sur le développement des ressources minérales. Les deux parties actent la mise en place d'un dispositif de concertation permanente entre leurs administrations, avec un accent mis sur la coordination des projets et le suivi des engagements.
Le texte insiste également sur plusieurs exigences. Le respect du cadre légal et réglementaire congolais y est explicitement mentionné, de même que la protection des investissements. Un mécanisme de suivi est prévu afin d'encadrer la mise en œuvre des projets et d'en assurer la conformité dans la durée, selon les autorités congolaises.
Au-delà des aspects techniques, l'accord met en avant un objectif désormais central pour les autorités congolaises, à savoir le développement de la transformation locale des ressources minières. Cette orientation traduit la volonté de capter une part plus importante de la valeur générée par un secteur encore largement dominé par l'exportation de matières brutes.
Un partenariat sous rééquilibrage
La signature de ce mémorandum intervient dans un contexte de réajustement du partenariat sino-congolais. Le " contrat du siècle " conclu en 2008, fondé sur un échange entre ressources minières et infrastructures, a été renégocié au début de l'année 2024 pour un montant de 7 milliards de dollars. Cette révision introduit notamment des engagements financiers plus importants pour les projets d'infrastructures, sans pour autant mettre fin aux critiques sur les retombées économiques jugées limitées pour la RDC et sur les déséquilibres persistants du dispositif.
En parallèle, la RDC multiplie les initiatives pour diversifier ses partenaires dans un contexte de concurrence accrue autour des minerais critiques. Selon des informations rapportées par Reuters, les autorités congolaises ont présenté aux États-Unis un portefeuille d'actifs destiné à structurer un partenariat sur les ressources stratégiques, lors d'une réunion tenue à Washington le 5 février.
Cette offre couvre un ensemble étendu de projets miniers, industriels et logistiques répartis sur le territoire. Elle comprend notamment le gisement de lithium de Manono, des actifs cuivre-cobalt dans le sud du pays, des projets liés au germanium et au gallium à Lubumbashi, ainsi que des raffineries de cobalt et des infrastructures énergétiques et de transport associées à l'exportation des minerais.
Dans cet ensemble, la mine de coltan de Rubaya, située dans l'est du pays, se distingue par son poids stratégique. Selon les données consultées par Reuters, elle représenterait environ 15 % de la production mondiale de coltan, un minerai essentiel à la production de tantale utilisé dans les technologies électroniques et industrielles. Sa relance nécessiterait entre 50 et 150 millions de dollars d'investissements, avec des perspectives de rentabilité rapide.
Washington cherche, à travers ce type d'initiatives, à sécuriser ses approvisionnements en minerais critiques et à réduire la domination de la Chine sur ces chaînes de valeur. Dans ce contexte de rivalité entre grandes puissances, l'accord signé à Pékin apparaît comme une consolidation du partenariat entre la RDC et la Chine, au moment où Kinshasa tente de tirer parti de cette concurrence pour renforcer sa position dans l'économie mondiale des ressources stratégiques.
Perton Biyiha
Publié le 27/03/26 11:56
La Rédaction
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