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La RDC rejoint le Groupe Egmont pour muscler la traque des flux financiers illicites

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La Cellule nationale des renseignements financiers de la République démocratique du Congo (CENAREF) a officiellement intégré le Groupe Egmont, un réseau international réunissant les cellules de renseignement financier de près de 170 pays depuis sa création en 1995. L'annonce a été faite par le Groupe le 8 juillet 2026 et confirmée par un communiqué du ministère des Finances.

Le Groupe Egmont organise l'échange sécurisé d'informations entre les cellules de renseignement financier, sur demande ou de manière spontanée, lorsque des fonds suspects franchissent les frontières. Pour la CENAREF, dont la candidature était déjà en cours d'examen selon le rapport annuel du réseau, l'accès à ce dispositif permet désormais de solliciter directement ses homologues étrangers afin de suivre des transferts complexes. Il peut s'agir, par exemple, de capitaux partis de Kinshasa vers Dubaï, puis réorientés vers un compte européen.

Pour la RDC, cette intégration va bien au-delà d'une simple adhésion à un réseau international. La coopération allemande GIZ, qui travaille avec le ministère congolais des Finances sur la lutte contre les flux financiers illicites, estime que le pays perd environ 9 milliards de dollars par an du fait du blanchiment d'argent, de la corruption et du commerce illégal. Autant de ressources qui échappent aux circuits officiels et réduisent les capacités de financement des services publics.

Le diagnostic national des risques de 2023 identifie d'ailleurs le détournement de fonds publics, la corruption et le commerce illégal des matières premières parmi les principales menaces auxquelles le pays est confronté. Le secteur minier apparaît particulièrement exposé, notamment en raison des difficultés de traçabilité de certaines productions et des circuits de commercialisation.

L'or artisanal congolais constitue l'un des principaux sujets d'inquiétude. La RDC n'a officiellement exporté que 1,7 tonne d'or artisanal en 2024, pour une valeur de 128 millions de dollars, alors qu'une part importante de la production continuerait de quitter le pays par des circuits informels. Ces flux transiteraient notamment par le Rwanda et l'Ouganda avant de rejoindre les marchés internationaux, en particulier Dubaï.

La situation est également préoccupante dans l'Est du pays. Le Groupe d'experts des Nations unies a documenté les flux financiers liés aux zones sous contrôle du M23, notamment autour du bassin de coltan de Rubaya, où le mouvement armé percevrait environ 800 000 dollars par mois en taxes sur le commerce et le transport de minerais. Selon les données officielles rwandaises analysées par l'organisation Global Witness, les exportations rwandaises de coltan ont plus que doublé entre 2021 et 2025. Une hausse que l'organisation relie à l'intensification de la contrebande de minerais en provenance de RDC. Le rapport 2026 du Groupe d'experts de l'ONU signale, par ailleurs, des indices de flux illicites ou informels d'étain et de tantale entre les deux pays.

L'or ou le coltan sortis clandestinement du territoire congolais ne constituent pas, à proprement parler, des flux financiersnus susceptibles d'alimenter des circuits financiers opaques. Une fois les minerais vendus, les fonds peuvent être transférés à l'étranger, dissimulés derrière des sociétés ou réinjectés dans l'économie. C'est précisément sur le suivi de ces mouvements d'argent que le renseignement financier intervient. L'intégration de la CENAREF au Groupe Egmont doit ainsi renforcer sa capacité à suivre ces fonds au-delà des frontières congolaises et à coopérer avec les cellules de renseignement financier des pays par lesquels ils transitent.

Publié le 09/07/26 17:03

La Rédaction

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