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La RDC veut porter à 15 tonnes ses ventes d’or artisanal en 2026

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La République démocratique du Congo veut accélérer la mise sur le marché de l'or issu de l'exploitation artisanale. Les autorités visent désormais un volume d'environ 15 tonnes commercialisées en 2026 à travers la société publique DRC Gold Trading, un niveau sans commune mesure avec les quantités écoulées jusque-là par ce canal officiel.

Selon les déclarations du directeur général de DRC Gold Trading, Joseph Kazibaziba, rapportées par Reuters, l'entreprise n'avait acquis qu'environ 10 tonnes d'or en trois ans depuis sa création en 2022. Avant cela, la collecte restait marginale. Jusqu'en 2023, les achats d'or artisanal destinés au commerce ne dépassaient pas 25 kilogrammes par an, selon les informations communiquées par le dirigeant de la société.

La stratégie repose notamment sur l'entrée de la Banque centrale du Congo parmi les acheteurs susceptibles d'absorber une partie de l'or collecté par la société publique. Le 20 février 2026, le gouverneur André Wameso a signé un accord avec DRC Gold Trading accordant à l'institut d'émission un accès prioritaire au métal acheté par l'entreprise.

Dans sa communication officielle, la banque centrale explique que ce mécanisme doit contribuer à renforcer les réserves en or monétaire du pays. L'institution estime que l'accumulation de métal précieux peut soutenir la stabilité du franc congolais, renforcer la résilience face aux chocs extérieurs et sécuriser une partie des réserves contre l'inflation et les crises géopolitiques.

Dans la pratique, DRC Gold Trading se charge de regrouper l'or produit par les mineurs artisanaux puis de le proposer à la banque centrale pour sa conversion en réserves monétaires. Selon Bloomberg, l'entreprise travaillera avec l'institut d'émission pour fournir de l'or provenant des exploitations artisanales congolaises.

 Joseph Kazibaziba a indiqué à Reuters que le prix de l'or vendu à la banque centrale suivra les références internationales ainsi que la réglementation congolaise. Les volumes effectivement livrés dépendront toutefois des besoins exprimés par l'institution monétaire dans le cadre de l'accord conclu en février. La banque centrale pourrait ainsi constituer un débouché important pour la production collectée, aux côtés d'autres acheteurs présents sur le marché.

La demande extérieure pourrait également contribuer à soutenir l'objectif de ventes fixé par Kinshasa. Selon Joseph Kazibaziba, plus de 45 acheteurs étrangers ont déjà manifesté leur intérêt pour se procurer de l'or auprès de DRC Gold Trading. Pour atteindre les volumes visés, Kinshasa tente également de restructurer un secteur caractérisé par un fort degré d'informalité. Une part importante de l'or extrait dans le pays, en particulier dans l'Est, est traditionnellement vendue à des négociants privés et quitte le territoire par des circuits non déclarés.

C'est pour contrer cette situation que le gouvernement a décidé en 2024 de prendre le contrôle total de DRC Gold Trading, une entreprise initialement créée fin 2022 sous forme de coentreprise avec les Émirats arabes unis. Les autorités congolaises veulent faire de cette société le principal canal d'exportation de l'or artisanal.

Perton Biyiha

Publié le 10/03/26 14:46

La Rédaction

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