Le gouvernement burkinabè a annoncé ce 05 février lors du conseil des ministres la création de la société Faso-Agropôle, une holding entièrement détenue par l'État, chargée de piloter les grandes zones agricoles stratégiques du territoire, d'assurer leur cohérence et d'orienter leurs investissements. L'enjeu pour les autorités est de disposer d'un outil centralisé capable d'accélérer la production agricole, de sécuriser l'approvisionnement du pays et de réduire la dépendance aux importations alimentaires.
Cette nouvelle entité est issue de la fusion de cinq pôles de développement déjà existants. Il s'agit de l'Agropôle du Sourou, aménagé dans la vallée du Sourou à l'ouest du pays pour exploiter les terres irriguées ; de l'Agropôle du Nakambé, qui correspond à l'ancien Bagré-pôle développé autour du barrage de Bagré dans le Centre-Est ; de l'Agropôle de Samendéni, structuré autour du barrage du même nom ; de l'Agropôle de la Comoé, dans la partie sud-ouest ; et enfin de l'Agropôle du Liptako-Gourma, situé dans la zone sahélienne à la frontière avec le Niger et le Mali.
Voir aussi- Burkina : 96 milliards FCFA pour sécuriser 530 000 tonnes de produits agricoles
Notons qu'un agropôle est un espace géographique aménagé par l'État pour concentrer et organiser des activités économiques liées à l'agriculture. On y développe la culture à grande échelle grâce à des systèmes d'irrigation, mais aussi l'élevage, la pêche et parfois des activités touristiques. À Bagré, par exemple, la présence du barrage a permis non seulement la production d'électricité, mais aussi l'irrigation des terres agricoles et le développement d'un centre écotouristique autour du lac. L'objectif est de créer des zones intégrées où la production, la transformation et la commercialisation peuvent se renforcer mutuellement.
Avant cette réforme, certains de ces pôles fonctionnaient sous des sociétés où l'État n'était pas l'unique actionnaire. Le Conseil des ministres a donc adopté un décret permettant la reprise des parts privées encore détenues dans les anciennes sociétés du Sourou et de Bagré. Les participations concernées, respectivement de 10 % et 5 %, ont été rachetées, portant désormais le capital à 100 % public. Cette décision consacre un contrôle total de l'État sur ces infrastructures jugées stratégiques.
À travers cette réorganisation, le Burkina Faso fait le choix d'un pilotage unifié de ses grandes zones agricoles, avec l'ambition de transformer ces espaces en véritables moteurs de croissance et de stabilité économique.
Fanuelle YAO
Publié le 06/02/26 09:59
La Rédaction
SN
CEMAC