L'Agence de promotion des investissements (API) a annoncé vendredi un nouveau cycle de projets privés au Cameroun, pour un montant cumulé de 370,3 milliards FCFA et 14 267 emplois projetés. Dans le détail, il s'agit de six nouveaux projets répartis entre le tourisme, la métallurgie et la manufacture, auxquels s'ajoute la revalorisation d'un investissement déjà implanté dans le pays.
L'investissement le plus important revient à l'industrie lourde. Selon l'API, Cameroon Steel Manufacturing Company (CSMC), portée par l'industriel camerounais Dieudonné Bougne à travers son groupe Bocom, envisage, conformément aux accords signés vendredi, d'investir 247,5 milliards FCFA et de générer près de 8 500 emplois. Les contours du projet n'ont toutefois pas encore été dévoilés.
Vient ensuite le Complexe multi-industriel du Cameroun (CMIC), déjà implanté à Douala et rattaché au groupe à capitaux camerounais SOREPCO. L'entreprise prévoit d'investir 100 milliards FCFA supplémentaires et de créer 4 050 emplois dans le cadre de l'extension de ses activités dans la métallurgie, la plasturgie et le packaging.
Dans le même mouvement, AZA Manufacturing, la division industrielle du groupe panafricain AZA, basé à Douala-Bonapriso, complète le volet industriel avec un investissement de 6 milliards FCFA et environ 300 emplois projetés.
Le tourisme et la manufacture complètent le tableau
Le secteur touristique figure également parmi les bénéficiaires de cette nouvelle vague d'investissements. SCI Emergence, implantée à Kribi et déjà connue à travers l'Hôtel Copacabana Beach, prévoit de mobiliser 10 milliards FCFA dans un nouveau projet, dont la nature et l'ampleur n'ont pas encore été précisées. L'opération devrait néanmoins générer 1 100 emplois.
Dans le même registre, Christinal Hotel porte un projet évalué à 5,2 milliards FCFA, avec 282 emplois projetés. FAGRICAM Industrie, dans le secteur manufacturier, ferme la liste des nouveaux projets avec un investissement de 1,6 milliard FCFA et 35 emplois attendus.
Au-delà des montants annoncés, ces entreprises se sont rapprochées de l'API afin de formaliser des accords devant leur permettre, sous réserve de leur agrément et de leur éligibilité, d'accéder aux différents avantages prévus par le dispositif camerounais d'incitations à l'investissement. L'enjeu pour l'État est ainsi de faciliter la réalisation de projets susceptibles de renforcer les capacités industrielles et touristiques du pays, tout en favorisant la création d'emplois locaux.
Selon la Présidence de la République, la loi de 2013 portant incitations à l'investissement privé prévoit, pour les entreprises agréées, une phase d'installation pouvant atteindre cinq ans. Celle-ci comprend notamment l'exonération des droits d'enregistrement sur certains actes liés à la création ou à l'augmentation du capital, l'exonération de la patente ainsi que des avantages douaniers sur les équipements et matériels nécessaires à la réalisation du programme d'investissement. La TVA à l'importation sur ces équipements est également concernée.
À l'issue de cette phase d'installation, les avantages peuvent se poursuivre pendant une période pouvant atteindre dix ans, selon la nature, la taille et les retombées du projet. Le dispositif prévoit notamment des exonérations ou réductions sur certains impôts, taxes et droits, ainsi que la possibilité de reporter les déficits jusqu'au cinquième exercice suivant. Les équipements destinés aux programmes agréés peuvent également bénéficier d'un régime douanier préférentiel.
Le ministère des Finances précise par ailleurs que le régime des projets structurants peut s'appliquer aux investissements générant des emplois, constituant un pôle de développement économique et social et atteignant certains seuils financiers. Pour une grande entreprise, le seuil indiqué est de 5 milliards FCFA, contre 500 millions FCFA pour une PME. Ce régime prévoit notamment l'exonération de patente durant les deux premières années d'exploitation, un droit fixe de 50 000 FCFA pour certains actes et mutations immobilières liés au projet, ainsi que des avantages en matière de TVA, d'amortissement et de report des déficits.
Ces avantages ne sont toutefois pas automatiques. Leur application reste conditionnée à l'agrément et à l'éligibilité de chaque projet, ainsi qu'au respect des critères prévus par la réglementation.cler la sidérurgie, l'hôtellerie et l'industrie.
Claude Paul Tjeg
Publié le 14/09/26 13:02
La Rédaction
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