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Le Cameroun dans une spirale de baisse de la production pétrolière qui devrait encore s’accentuer selon S&P

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Dans son rapport de notation publié le 18 septembre 2026, S&P Global Ratings a maintenu la note souveraine du Cameroun à " B-/B ", avec une perspective stable. Dans ses projections, l'agence anticipe une poursuite du recul de la production pétrolière camerounaise au cours des prochaines années, sur fond de déclin progressif des champs actuellement en exploitation.

La production pétrolière du Cameroun devrait ainsi continuer de reculer. Selon les projections de S&P Global Ratings, elle devrait passer de 54 200 barils par jour en 2025 à 52 000 barils par jour en 2026, avant de tomber à 43 800 barils par jour en 2028.

À rythme constant sur une année, ces niveaux correspondent à une production théorique d'environ 19,8 millions de barils en 2025, 19 millions en 2026 et 16 millions en 2028. Entre 2026 et 2028, le volume annualisé diminuerait ainsi d'environ 3 millions de barils, soit près de 16 %. Sur l'ensemble de la période 2025-2028, la baisse atteindrait environ 3,8 millions de barils, soit 19,2 %.

Ces projections s'inscrivent dans une tendance déjà observée par la Société nationale des hydrocarbures (SNH). Selon les données de l'entreprise publique, le Cameroun a produit 19,3 millions de barils en 2025, contre 21,3 millions en 2024. Le recul atteint ainsi près de 2 millions de barils en un an, soit environ 9,4 %.

Des recettes publiques déjà sous pression

Cette baisse de la production intervient alors que les recettes pétrolières transférées à l'État sont déjà en recul. Selon les données de la SNH, le solde transférable au Trésor s'est établi à 364,6 milliards FCFA en 2025, contre 516,3 milliards FCFA en 2024. La diminution atteint 151,7 milliards FCFA, soit 29,4 % en un an.

L'évolution des recettes ne suit toutefois pas mécaniquement celle de la production. Les chiffres de la SNH montrent notamment que les volumes de brut exportés pour le compte de l'État ont légèrement progressé en 2025. Ils sont passés de 12,4 millions de barils en 2024 à 12,7 millions de barils un an plus tard.

Le recul de la production s'explique notamment par les difficultés rencontrées sur certains champs matures. Dans son bilan de 2024, la SNH avait ainsi évoqué la diminution du rendement du champ Oak, exploité dans le cadre du contrat de partage de production Bolongo, ainsi que plusieurs arrêts sur des plateformes du bassin de Rio del Rey. L'entreprise publique avait également souligné le vieillissement progressif des champs pétroliers.

Cette tendance constitue un enjeu pour les finances publiques, alors que les recettes issues des hydrocarbures contribuent directement au financement du budget de l'État. La poursuite du déclin de la production pourrait donc réduire davantage les ressources pétrolières disponibles, à moins que la mise en production de nouveaux projets ou l'amélioration des rendements des champs existants ne permette de compenser les baisses attendues.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 22/09/26 21:57

La Rédaction

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