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Le Cameroun va investir 9,4 milliards FCFA pour augmenter de 10 MW la production d'électricité dans le nord du pays

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La Société camerounaise d'électricité (SOCADEL) prévoit d'investir 9,4 milliards FCFA dans l'installation de 10 MW de capacités thermiques supplémentaires dans le nord du Cameroun. Le projet porte sur la mise en place de 12 groupes électrogènes à Garoua, Maroua et Ngaoundéré, trois villes du Réseau interconnecté Nord (RIN), confronté à une demande croissante et à une production hydroélectrique insuffisante pour couvrir les besoins.

Selon l'appel d'offres publié par l'Agence de régulation des marchés publics (ARMP), les nouvelles installations doivent fournir au moins 10 MW de puissance active nette. Six groupes électrogènes seront installés à Djamboutou, à Garoua, quatre à Maroua et deux à Ngaoundéré. Les capacités supplémentaires prévues s'élèvent respectivement à 5 MW, 3 MW et 2 MW.

Financé sur le budget autonome de la SOCADEL, le marché comprend les travaux de génie civil, l'acquisition des groupes électrogènes, les raccordements électriques et les systèmes auxiliaires nécessaires à leur fonctionnement. Sur l'enveloppe prévisionnelle de 9,4 milliards FCFA, 8,6 milliards FCFA sont consacrés aux équipements de production et à leurs raccordements.

Ces nouvelles unités doivent compléter la production hydroélectrique, notamment lorsque les apports en eau ne permettent plus de satisfaire la demande. Le projet n'en est toutefois qu'au stade de la consultation. Un additif rectificatif a reporté le dépôt et l'ouverture des offres au 30 octobre 2026. En attendant la mise en service de ces capacités supplémentaires, la SOCADEL prévoit de mobiliser des moyens financiers bien plus importants pour assurer le fonctionnement de ses centrales thermiques existantes.

L'entreprise prévoit ainsi de consacrer 52,6 milliards FCFA à l'approvisionnement de ses centrales thermiques en activité. Cette enveloppe comprend 36,7 milliards FCFA pour l'achat de 37 200 tonnes de fioul lourd HFO 3500 et 15,9 milliards FCFA pour la fourniture d'un volume maximal de 17,9 millions de litres de gasoil.

Pour le Grand Nord, le marché du gasoil concerne notamment les centrales de Maroua, Kousseri et Ngaoundéré. Au total, 29 centrales réparties sur le territoire national sont concernées par cet approvisionnement, prévu sur une période de quatre mois.

Lagdo face à la progression de la demande

Le Réseau interconnecté Nord dessert les régions de l'Adamaoua, du Nord et de l'Extrême-Nord. Son approvisionnement repose notamment sur le barrage hydroélectrique de Lagdo, dont la puissance installée est de 72 MW. Sa production varie en fonction des ressources en eau de la Bénoué, ce qui rend le réseau particulièrement vulnérable à la baisse des apports hydriques pendant la saison sèche.

Dans un bilan publié le 18 juillet 2025, Eneo indiquait que la centrale de Lagdo pouvait couvrir la demande du réseau jusqu'en 2015. Depuis, la progression de la consommation a réduit sa capacité à satisfaire l'ensemble des besoins. La situation devient plus contraignante en saison sèche, lorsque la diminution des apports en eau limite la production hydroélectrique et renforce le recours aux centrales thermiques.

Entre 2015 et 2025, le nombre de clients raccordés en basse tension au RIN est passé de 135 947 à 247 773, soit une hausse de 82,3 % en dix ans.

Dans le même temps, la capacité de production du réseau a presque doublé, passant de 76 MW à environ 173 MW, selon les données d'Eneo. Cette progression s'explique notamment par le développement des moyens thermiques et l'installation de deux parcs solaires de 15 MW chacun à Guider et à Maroua, d'après un rapport de l'Agence de régulation du secteur de l'électricité (ARSEL).

Malgré ce renforcement, l'offre peine à suivre la croissance de la demande. Les capacités installées ne garantissent d'ailleurs pas une production disponible en permanence : les centrales hydroélectriques dépendent des apports en eau, tandis que les centrales thermiques nécessitent un approvisionnement régulier en combustible.Cette dépendance explique l'importance des marchés de fioul et de gasoil engagés par la SOCADEL.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 21/10/26 17:01

La Rédaction

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