Le 27 février dernier a marqué un tournant opérationnel pour la Société Équatoriale des Mines (SEM) avec la signature d'un mémorandum d'entente stratégique avec la firme de droit sud-africain EVOMIN. Ce partenariat, paraphé sous la tutelle du ministre des Mines Sosthène Nguema Nguema, s'inscrit dans la volonté de Libreville de transformer le sous-sol en levier de souveraineté budgétaire. L'enjeu est simple : sortir l'exploitation aurifère d'une gestion artisanale pour l'engager dans une phase industrielle capable de générer des retombées immédiates pour le Trésor Public.
L'élément central de cet accord réside dans une ambition audacieuse. La SEM et le gouvernement veulent faire passer la contribution fiscale du secteur aurifère de 6 % actuellement à un objectif de 15 %, voire 20 %. Pour y parvenir, EVOMIN, spécialiste des microprojets et des ressources naturelles, apportera son expertise technique pour optimiser les rendements de la SEM. Ce bond fiscal attendu est crucial pour l'État gabonais qui, sous la pression des recommandations du FMI, cherche activement à diversifier ses recettes non pétrolières et à renforcer son contrôle sur les flux financiers issus des métaux précieux.
Au-delà de l'optimisation productive, le partenariat vise à structurer une chaîne de valeur locale. Selon Jude N'Gwa Emane, directeur général de la SEM, l'objectif est d'assurer une exploitation " optimale et transparente ", rompant avec les circuits opaques qui ont longtemps pénalisé la filière. En intégrant des services annexes et en favorisant l'emploi direct, ce tandem compte professionnaliser le secteur tout en garantissant une traçabilité rigoureuse, condition sine qua non pour attirer de nouveaux investisseurs institutionnels dans un secteur minier en pleine mutation.
Cette alliance intervient alors que le Gabon place les mines au cœur de son Plan National de Croissance et de Développement (PNCD). En s'appuyant sur l'expertise internationale de cet acteur sud-africain pour muscler le bras armé minier de l'État, Libreville espère non seulement stabiliser ses revenus, mais aussi restaurer la confiance des marchés dans sa capacité à gérer durablement ses ressources.
Publié le 03/03/26 12:09
La Rédaction
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CEMAC