Réagissant aux violentes manifestations qui se sont déroulées la semaine dernière à Dakar et à l'intérieur du pays, le chef de l'Etat sénégalais dans une adresse à la nation, lundi passé, avait promis d'importantes mesures en faveur de l'emploi des jeunes.
Lors de la réunion du conseil des ministres du mercredi 11 mars 2021, Macky Sall a rappelé l'impératif de réorienter les priorités autour de la jeunesse. A ce titre, il soutient que sur la période 2021-2023, outre les emplois salariés et les recrutements importants prévus dans plusieurs secteurs, ce sont 350 milliards FCFA au moins qui seront mobilisés pour le financement des jeunes et des femmes.
En détail, ces ressources publiques exceptionnelles vont financer la première phase de la mise en œuvre du Programme d'urgence pour l'emploi et l'insertion socio-économique des jeunes à raison de 150 milliards pour l'année 2021, 100 milliards pour 2022 et 100 milliards pour 2023. Dans cette perspective, le chef de l'exécutif sénégalais a exhorté le secteur privé à développer une Initiative complémentaire de soutien à l'emploi et à l'insertion des jeunes à l'image de la convention "Etat- Employeurs".
Il a, en outre, demandé au gouvernement d'accentuer la mobilisation générale pour accélérer la réalisation des 45 centres départementaux de formation professionnelle, et des 45 " Maisons de la Jeunesse et de la Citoyenneté ".
Au Sénégal, le manque d'emploi reste préoccupant au regard des chiffres sur le secteur. Les dernières estimations de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) indiquaient que le taux global de chômage est évalué en moyenne à 16,8% et est nettement plus important chez les jeunes de 15 à 34 ans et les femmes.
Malgré la création d'une kyrielle de structures d'appui durant ces 15 dernières années, le problème de l'emploi reste entier. Qu'il s'agisse du Fonds national de promotion de la jeunesse (Fnpj), de l'Agence pour l'emploi des jeunes des banlieues (Ajeb), de l'Agence nationale pour l'emploi des jeunes (Anej) ou l'Agence nationale d'appui aux marchands ambulants (Anama), puis l'Agence nationale pour la promotion de l'emploi des jeunes (Anpej), le gouvernement sénégalais peine encore à résoudre l'équation du chômage des jeunes.
Ibrahim WANE, Dakar
Publié le 11/03/21 09:27
La Rédaction
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