Le Tchad a signé, le 21 septembre 2026, un protocole d'accord avec Gemin Investment Company Limited, une entreprise tanzanienne spécialisée dans l'ingénierie électrique. L'accord, conclu entre le ministre de l'Eau et de l'Énergie, Passalé Kanabé Marcelin, et le directeur général de Gemin, Imani Dominick Alimanka, porte sur " l'électrification des chefs-lieux de province encore insuffisamment alimentés en électricité ".
Le protocole prévoit, pour chacune des localités concernées, une capacité minimale de production d'un mégawatt, couplée à un système de stockage de deux mégawattheures. À Abéché, le projet prend une tout autre dimension, avec la construction envisagée d'une centrale solaire hybride de 50 mégawatts-crête, associée à 100 mégawattheures de capacité de stockage par batteries.
Basée à Dar es Salaam et enregistrée auprès du Contractors Registration Board of Tanzania en tant qu'entreprise intervenant dans les travaux électriques et les spécialités associées, Gemin dispose d'un portefeuille principalement orienté vers les installations photovoltaïques et les systèmes de stockage par batteries.
À ce stade, le protocole signé avec Gemin constitue toutefois un accord de principe. Le coût du projet de l'ensemble du projet, son calendrier de réalisation, son schéma de financement ainsi que les modalités d'injection de l'électricité produite dans le réseau restent à préciser. L'accord intervient dans un contexte où le Tchad affiche l'un des taux d'électrification les plus faibles au monde. L'Autorité de régulation du secteur électrique tchadien estime l'accès national à l'électricité à environ 11%.
Un virage solaire amorcé depuis 2025
Pour réduire ce déficit, le Tchad accélère depuis 2025 le déploiement de capacités solaires, notamment dans les villes situées en dehors de la capitale. La centrale de Dinio, inaugurée le 16 mai 2025 à N'Djamena, développe une puissance de 30 mégawatts pour un coût supérieur à 24 milliards FCFA, financé par l'État tchadien, selon les services de la Primature.
Cette dynamique s'est poursuivie en 2026 avec le lancement, en février, de trois centrales hybrides à Biltine, Bol et Bongor, avec le soutien de la Banque africaine de développement. Ces installations combinent des capacités solaires, des systèmes de stockage et des groupes thermiques d'appoint, selon des configurations adaptées aux besoins de chaque site.
Dans la capitale, le projet Respite, porté par TchadElec, doit pour sa part ajouter 30 mégawatts de capacité solaire et 60 mégawattheures de stockage par batteries au réseau de N'Djamena. L'objectif affiché est de contribuer à porter le taux d'accès national à l'électricité à 30% à l'horizon 2027, selon la Cellule d'exécution des projets de TchadElec.
Le protocole conclu avec Gemin vient ainsi compléter cette stratégie en l'étendant davantage aux chefs-lieux de province. Il s'inscrit dans les objectifs du Plan national de développement 2024-2028, baptisé " Tchad Connexion 2030 ". Celui-ci prévoit la mobilisation d'environ 1,1 milliard de dollars pour le secteur électrique, avec l'ambition de porter le taux d'accès à l'électricité à environ 60%, contre 11% actuellement, et à 90% dans les chefs-lieux de province.
Claude Paul Tjeg
Publié le 22/09/26 06:39
La Rédaction
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