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Le Tchad et l’émirati GSU engagent un programme énergétique de 252 MW pour renforcer le réseau national

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Quelques mois après la signature à Dubaï d'un protocole d'accord entre le gouvernement tchadien et le groupe émirati Global South Utilities (GSU), les discussions entrent dans une phase plus concrète. À N'Djamena, les autorités tchadiennes et leur partenaire des Émirats arabes unis se penchent désormais sur les modalités d'exécution des infrastructures prévues dans cet accord destiné à renforcer un système électrique parmi les moins développés au monde.

Selon un compte rendu diffusé par le ministère tchadien de l'Eau et de l'Énergie, le ministre Passale Kanabé Marcelin a reçu, le 18 mai, une délégation de GSU conduite par Mohamed Al Helal, directeur Afrique de l'entreprise. Les échanges ont porté sur plusieurs projets inscrits dans le protocole signé le 10 novembre dernier en marge de la table ronde consacrée au Plan national de développement. Le document conclu entre les deux parties vise à renforcer les capacités du pays en matière de production et de distribution d'électricité, ainsi qu'à développer les énergies renouvelables.

Dans son communiqué, le ministère indique que les responsables de GSU ont évoqué " l'installation d'une nouvelle centrale thermique de 180 MW à N'Djamena ainsi que la construction de deux nouvelles centrales à Abéché et Sarh".

Les discussions ne se sont toutefois pas limitées aux futures infrastructures. Le ministère précise qu'elles ont également porté sur la centrale Noor Tchad à Djermaya, située à une trentaine de kilomètres de la capitale. Cette centrale solaire de 50 MW, inaugurée en septembre 2025 et construite par GSU, constitue la première infrastructure de cette envergure dans le pays. Lors de son inauguration, les autorités avaient indiqué que, malgré sa capacité installée de 50 MW, TchadÉlec n'était alors en mesure d'absorber qu'environ 12 MW.

Cette situation pourrait expliquer pourquoi, au-delà du souhait exprimé de renforcer la coopération technique autour de la centrale Noor Tchad, les deux parties envisagent également de consolider les infrastructures de transport et de distribution de l'électricité afin d'améliorer la capacité d'absorption du réseau.

Les projets évoqués à N'Djamena correspondent d'ailleurs largement aux engagements annoncés lors de la signature du protocole d'accord à Dubaï entre le Tchad et GSU. Selon les informations communiquées à l'époque par le gouvernement tchadien, l'accord prévoit notamment la construction d'une centrale thermique fonctionnant au Heavy Fuel Oil d'une capacité de 180 MW, ainsi que la réalisation de la deuxième boucle électrique de N'Djamena en 225 kV, 90 kV et 33 kV.

Le programme comprend également six centrales photovoltaïques réparties entre Sarh, Abéché, Am Timan, Bardai, Massenya et Goz Beïda. Chacune doit disposer d'une capacité de 12 MW associée à un système de stockage de même puissance. À elles seules, ces installations solaires doivent apporter 72 MW supplémentaires. Combinées à la centrale thermique prévue à N'Djamena, elles portent à 252 MW les capacités additionnelles prévues dans le cadre de ce programme.

Ces projets s'inscrivent dans un contexte marqué par un accès à l'électricité encore très limité dans le pays. Selon la Banque mondiale, seuls 6,4 % des Tchadiens disposent actuellement d'un accès à l'électricité, contre une moyenne de 48 % en Afrique subsaharienne. Dans les zones rurales, ce taux se situe entre 1 % et 2 %.

Face à cette situation, le gouvernement tchadien a annoncé en avril dernier un programme d'investissement évalué à 1,1 milliard de dollars dans le cadre du plan " Tchad Connexion 2030 ". Les autorités ambitionnent de porter le taux d'accès à l'électricité à 60 % dans les prochaines années.

Les documents préparés avec l'appui de la Banque mondiale prévoient l'ajout de 866 MW de nouvelles capacités, dont 520 MW issus des énergies renouvelables. Les besoins financiers recensés atteignent 329,5 milliards de FCFA pour la production, 199,1 milliards pour le transport, 37,1 milliards pour la distribution, 229 milliards pour les systèmes hors réseau et 410 milliards pour les solutions de cuisson propre.

 

Perton Biyiha

Publié le 19/05/26 09:58

La Rédaction

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