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Le Tchad exonère céréales et intrants agricoles à l’importation

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Le 9 septembre 2026, le ministère tchadien des Finances a publié un arrêté exonérant de droits et taxes à l'importation plusieurs produits destinés à l'alimentation humaine et animale, ainsi que des équipements agricoles et hydrauliques. Son article 2 précise que " le froment, le maïs, le millet, le riz, la farine de céréale autre que le froment, les semoules restent également exonérés des droits et taxes ". Ces produits figurent parmi les denrées de base les plus sensibles pour les ménages tchadiens.

La mesure concerne également des intrants et équipements destinés aux activités agricoles et pastorales. L'article 1er dispose ainsi que " les semences fourragères, les fourrages, la provende et autres produits exclusivement destinés à l'alimentation du bétail ainsi que les équipements et matériels destinés au forage, au pompage et à l'approvisionnement en eau et les équipements, machines, matériels et intrants agricoles destinés à la production des cultures fourragères sont exonérés des droits et taxes à l'importation ".

L'arrêté ne fournit pas de justification économique explicite dans ses visas ou ses articles. Il se limite à invoquer les " nécessités de service " et à préciser les catégories de produits concernées. Son contenu permet toutefois de distinguer deux volets : faciliter l'accès aux céréales importées pour répondre aux besoins alimentaires et alléger le coût des équipements et intrants destinés aux activités agricoles et pastorales.

Le premier volet intervient dans un contexte de fortes tensions sur certains produits alimentaires et de dépendance persistante aux importations pour couvrir une partie des besoins du pays. Selon FEWS NET, en 2026, le prix du riz importé dépassait sa moyenne quinquennale de 61 %, tandis que celui de la farine de blé affichait un écart de 74 %. La FAO estime par ailleurs qu'environ 3,2 millions de personnes pourraient être confrontées à une situation d'insécurité alimentaire aiguë pendant la période de soudure 2026.

La production céréalière nationale pour la campagne 2025/2026 est pourtant estimée à 3 millions de tonnes, en hausse de 12 % sur un an. Cette progression ne suffit pas à éliminer les déficits. Les récoltes de mil et de sorgho restent notamment inférieures à leur moyenne quinquennale, tandis que le bilan céréalier national fait apparaître un déficit important en blé, dont une partie est couverte par les importations. Dans ce contexte, l'exonération des céréales importées répond d'abord à une logique de court terme : accroître l'offre disponible et limiter la pression sur les prix des denrées de base.

Cependant, le plan national de développement " Tchad Connexion 2030 ", qui couvre la période 2025-2030, table sur une croissance moyenne annuelle de 6,7 % pour l'agriculture et de 7,8 % pour l'élevage. Il identifie notamment le sorgho, le mil, le berbéré, le maïs, le riz et le blé parmi les céréales prioritaires et ambitionne de faire du Tchad un fournisseur régional de viande fraîche, de lait et de poisson.

Dès lors, l'exonération sur l'importation des céréales peut apparaître en décalage avec cet objectif de développement de la production nationale. Elle facilite en effet l'approvisionnement du marché par des produits que le Plan national de développement compte également voir se développer localement. Mais l'arrêté ne porte pas uniquement sur les denrées alimentaires. Il exonère aussi des équipements et intrants destinés à la production, notamment les matériels de forage et de pompage, les équipements d'approvisionnement en eau, ainsi que les semences et intrants destinés aux cultures fourragères.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 10/09/26 18:16

La Rédaction

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