Le Tchad prévoit de générer environ 55 milliards FCFA de recettes annuelles supplémentaires en resserrant son filet fiscal sur un panier de produits allant des minerais stratégiques aux produits de luxe, en passant par le plastique et le tabac. Cette stratégie, détaillée dans un communiqué du FMI publié le 10 octobre 2025, s'inscrit dans le cadre d'un nouvel accord de programme économique de quatre ans adossé à une Facilité élargie de crédit (FEC) de 630 millions de dollars.
L'objectif est de créer de l'espace budgétaire pour les dépenses de développement en réduisant la dépendance aux revenus pétroliers. Le FMI a souligné que " la collecte des recettes non pétrolières figure parmi les plus faibles de la région " et que garantir leur hausse est " essentiel pour atténuer le caractère procyclique de la politique budgétaire ".
Le gouvernement a immédiatement actionné un premier levier en instaurant de nouveaux droits à l'exportation. Dès juillet 2025, un droit de sortie de 7% (incluant une taxe de 5% et une redevance statistique de 2%) a été appliqué sur la gomme arabique, le sésame, les pistaches et les produits en cuir. En août, c'est l'antimoine et le cuivre brut qui ont été frappés par un prélèvement de 10% (8% de droit de sortie + 2% de redevance). Une taxe à l'importation de 5% sur les véhicules électriques complète ce premier volet. Le FMI estime que ces mesures, déjà en vigueur par décret ministériel, devraient rapporter 25 milliards de FCFA par an
Le budget 2026 doit élargir cette assiette fiscale avec une taxe spécifique sur le tabac, ses substituts (comme la chicha) et les produits cosmétiques contenant de l'hydroquinone. L'élargissement des droits d'accise est également prévu pour cibler les produits de luxe (montres, sacs, smartphones), les articles en plastique à usage unique et les textiles synthétiques. Ce deuxième volet est censé générer 10 milliards de FCFA annuels
Pour capter ces recettes, les autorités misent sur des réformes administratives. La généralisation de la facturation électronique est attendue pour gonfler les recettes de 15 milliards de FCFA par an. L'exigence du paiement électronique des taxes via les banques et opérateurs mobiles, une "mesure préalable" du programme, vise à améliorer la perception et la conformité, avec un gain estimé à 20 milliards de FCFA annuels.
Le FMI souligne que "garantir la hausse des recettes non pétrolières est essentiel pour atténuer le caractère procyclique de la politique budgétaire". Le dispositif FEC soutient ces efforts pour une augmentation ciblée des taxes, qui devrait représenter environ 1% du PIB non pétrolier sur la durée du programme.
Perton Biyiha
Publié le 22/10/25 14:52
La Rédaction
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