À peine cinq mois après avoir accordé à Starlink sa toute première autorisation dans la zone CEMAC, le Tchad veut attirer Amazon, un autre géant de l'Internet par satellite. En marge de la Conférence mondiale de Développement des Télécommunications à Bakou en Azerbaïdjan, qui s'achève le 28 novembre 2025, l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes du Tchad (Arcep-Tchad) a tenu une séance de travail avec Amazon LEO. Les discussions ont porté sur le projet de constellation en orbite basse développé par le groupe américain.
Selon l'ARCEP, l'objectif est "d'explorer toutes les pistes permettant d'améliorer la connectivité dans les zones mal desservies ou totalement dépourvues de réseau." Lors de la rencontre, le Directeur général de l'Autorité, M. Haliki Choua Mahamat, accompagné de son équipe technique – a rappelé l'ampleur du défi. "Le Tchad, 5ᵉ pays d'Afrique en superficie avec près de 20 millions d'habitants, a encore les deux tiers de son territoire sans couverture réseau", a-t-il insisté, soulignant que la priorité reste d'"étendre la couverture, renforcer la concurrence et améliorer la qualité de service".
Le régulateur a également invité Amazon LEO à s'inscrire pleinement dans le cadre légal national. "L'obtention d'une licence dédiée constitue un préalable", a précisé la délégation, soulignant que la transition numérique du pays passera par un strict respect des procédures réglementaires.
Cette ouverture envers Amazon intervient dans un contexte marqué par l'arrivée récente de Starlink, filiale de SpaceX, devenue opérationnelle au Tchad le 3 juillet 2025. Il s'agissait alors d'une première dans la CEMAC. Le pays est le tout premier de la sous-région à octroyer une autorisation formelle d'exploitation au réseau satellite d'Elon Musk.
Selon les informations publiées par l'entreprise et confirmées par les autorités, Starlink a démarré avec deux offres positionnées parmi "les plus compétitives du continent". Il s'agit :— d'un forfait de 250 Go à 18 000 francs CFA par mois ; d'une option illimitée à 32 000 francs CFA, soit environ 52 dollars, un tarif comparable à ceux pratiqués en RDC, en Angola, au Nigeria ou au Bénin.
La présence de Starlink découle d'un accord de partenariat signé le 13 mars 2025 entre le gouvernement tchadien et SpaceX. L'accord prévoit la fourniture d'un accès haut débit par satellite sur l'ensemble du territoire, y compris dans les zones rurales dépourvues d'infrastructures. Ce texte avait reçu l'aval direct du président de transition, Mahamat Idriss Déby Itno, décrit comme personnellement impliqué dans les négociations.
Jusqu'à l'entrée de Starlink, le marché tchadien restait largement dominé par Moov Africa, filiale du groupe Maroc Telecom, et Airtel Tchad. Les deux opérateurs cumulent "près de 100% du parc d'abonnés", avec une prédominance marquée de Moov Africa, qui revendiquait 6,7 millions de clients au troisième trimestre 2024, soit 55% des parts de marché.
Mais ces acteurs sont régulièrement critiqués pour la qualité fluctuante de leurs services. Les interruptions majeures, comme celle du 15 octobre 2024, ont renforcé la perception d'un marché peu concurrentiel et techniquement fragile.
Perton Biyiha
Publié le 25/11/25 15:58
La Rédaction
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