menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

Sénégal : Un gouvernement de 30 membres formé autour de Mouhamadou Al Amine Lô

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 9h37min

Dix jours après le limogeage de l'ancien Premier ministre Ousmane Sonko, son successeur, Mouhamadou Al Amine Lô, a dévoilé, ce lundi 1er juin 2026, la composition de son gouvernement. La nouvelle équipe compte 30 membres et hérite d'un contexte économique et financier particulièrement exigeant, marqué par le ralentissement de l'activité, des contraintes budgétaires persistantes et un environnement international sous tension.

Le nouvel exécutif devra notamment relever plusieurs défis majeurs : relancer la croissance, préserver le pouvoir d'achat des ménages et poursuivre l'assainissement des finances publiques dans un contexte de hausse des coûts énergétiques alimentée par les tensions géopolitiques internationales.

Le Sénégal fait actuellement face à des marges budgétaires limitées. Selon plusieurs estimations, l'endettement public dépasse désormais 130 % du PIB, tandis que le déficit budgétaire avoisine 6 %, avec un objectif de retour à 3 % à l'horizon 2027. À ces fragilités s'ajoute la hausse des cours du pétrole sur les marchés internationaux, conséquence des tensions entre l'Iran et les États-Unis, qui accroît la pression sur les équilibres macroéconomiques du pays.

Dès sa nomination, Mouhamadou Al Amine Lô avait fixé le cap de son action gouvernementale. " Ce sera un gouvernement de mission, d'action et de résultats pour un Sénégal souverain, juste et prospère, conformément à l'Agenda 2050. Ce sera pour moi un sacerdoce. Je mettrai à profit les compétences acquises au cours de ma longue carrière à la BCEAO ", avait déclaré le Premier ministre.

Selon lui, la priorité de la nouvelle équipe est de traduire de manière pragmatique les ambitions de transformation économique et sociale du pays, en concentrant l'action publique sur les objectifs les plus urgents.

Retour du grand ministère de l'Économie et des Finances

L'une des principales évolutions de ce gouvernement concerne l'architecture économique de l'exécutif. Cheikh Diba, jusque-là ministre des Finances et du Budget, est nommé ministre de l'Économie, du Plan et de la Coopération. Cette décision marque le retour à une formule regroupant les principaux leviers de la politique économique au sein d'un même département ministériel.

Un ministre délégué chargé de l'Économie et du Plan a toutefois été nommé afin de renforcer le pilotage des politiques publiques. Ce poste revient à Alé Nar Diop.

Le portefeuille de l'Agriculture est quant à lui confié à l'expert agricole Cheikh Oumar Bâ, dans un contexte où les autorités affichent leur volonté d'accélérer la souveraineté alimentaire du pays.

Pastef choisit de rester en dehors du gouvernement

La formation du nouveau gouvernement intervient dans un climat politique marqué par la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko.

Quelques heures avant l'annonce de la composition gouvernementale, le président du parti PASTEF avait indiqué qu'aucun membre de sa formation politique ne participerait au nouvel exécutif.

" Ce matin s'est tenu un long entretien entre le Président de la République et le Président Ousmane Sonko, au cours duquel des convergences ont certes été confirmées, mais aussi et surtout des points de désaccord, notamment autour de la place et du rôle de la majorité dans le dispositif exécutif, dont nous ignorons tout de la structure. En conséquence, PASTEF-Les Patriotes ne participera pas au prochain gouvernement et n'y sera représenté par aucun ministre ", a écrit Ousmane Sonko.

Cette décision acte un peu plus la recomposition en cours du paysage politique sénégalais et ouvre une nouvelle séquence institutionnelle, alors que l'ancien Premier ministre conserve une influence considérable à l'Assemblée nationale, où son parti dispose de la majorité parlementaire. Le gouvernement de Mouhamadou Al Amine Lô devra ainsi naviguer entre les impératifs de relance économique et les équilibres politiques d'une cohabitation qui pourrait s'avérer particulièrement délicate.

Publié le 01/06/26 22:24

Mouhamadou Dieng

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

V6zrB87zV2_JWZMm16m-rtQbPQQqgWAuo9pgnBvGaqU False