Le Tchad s'oriente vers un renforcement de ses capacités de raffinage en s'appuyant sur un partenariat avec l'Algérie. Le 22 avril 2026, à Alger, le président Abdelmadjid Tebboune et son homologue tchadien Mahamat Idriss Déby Itno ont supervisé la signature d'un ensemble d'accords énergétiques, dont un projet de raffinerie de 20 000 barils par jour porté par le groupe public algérien.
Le communiqué officiel précise que " cette convention vise à définir le cadre général de coopération entre les deux parties pour la préparation, la structuration, le financement, la réalisation, la mise en service et l'exploitation d'une raffinerie d'une capacité de 20 000 barils/jour, extensible à 50 000 barils/jour, au Tchad, ainsi que des infrastructures et dispositifs connexes ". L'accord associe également la Société des Hydrocarbures du Tchad.
Au-delà de la construction de la raffinerie à proprement parler, les autorités des deux pays ont intégré à l'accord susmentionné un volet de transfert de compétences, via un partenariat avec l'Institut algérien du pétrole. Le texte évoque " l'accueil d'étudiants et le renforcement des capacités locales ", ainsi qu'un appui à " la structuration et la valorisation des secteurs miniers et pétroliers tchadiens ".
Ce projet intervient alors que la seule raffinerie du pays, située à Djarmaya, continue de fonctionner en deçà de ses capacités. Conçue pour traiter 20 000 barils par jour, elle a longtemps plafonné autour de 14 000 barils, avec des arrêts techniques réguliers et des tensions d'approvisionnement, notamment en 2023.
Dans ce contexte, N'Djamena a multiplié les initiatives pour renforcer ses capacités et, surtout, trouver des solutions alternatives. En 2025, un accord a été conclu avec China National Petroleum Corporation International Chad afin de revoir la gouvernance du site, après l'expiration des contrats précédents, et d'améliorer ses performances opérationnelles. Parallèlement, un autre mémorandum d'entente a été signé en janvier entre le Tchad et un fonds émirati pour la construction d'une raffinerie d'une capacité minimale de 10 000 barils par jour.
Pays producteur depuis le début des années 2000, le Tchad reste marqué par une faible intégration de sa chaîne pétrolière. Selon les données de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives, le secteur extractif a représenté plus de 80 % des exportations et environ 40 % des recettes publiques en 2022. Le même rapport, finalisé en juin 2025, souligne des lacunes persistantes dans la supervision et la gestion des flux financiers, en particulier au sein de la société nationale.
Perton Biyiha
Publié le 23/04/26 13:07
La Rédaction
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