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Le Tchad va injecter 100 milliards de FCFA pour restructurer deux banques publiques avant leur cession

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Dans le cadre d'un nouvel accord avec le Fonds Monétaire International (FMI), le Tchad a lancé un plan pour restructurer deux de ses principales banques publiques en vue de les céder à des repreneurs. Le coût de cette opération est budgétisé à 100 milliards de francs CFA (0,8% du PIB) pour 2025, selon le communiqué de presse du FMI publié le 10 octobre 2025, au lendemain de l'accord sur un programme économique de quatre ans adossé à une Facilité élargie de crédit de 630 millions de dollars USD.

Les deux établissements concernés sont la Banque commerciale du Tchad (CBT) et la Banque commerciale de Shari (BCC), identifiées comme des entités systémiques mais vulnérables. Leurs principaux problèmes sont un niveau élevé de créances improductives (prêts non performants), une sous-capitalisation chronique et des carences en matière de gouvernance.

Selon le FMI, " des accords de conversion de dette ont été signés avec l'une de ces deux banques, pour un montant total de 76 milliards de francs CFA (125 millions de dollars, soit 0,6 % du PIB), financés principalement par des recettes fiscales antérieures non affectées ".

Cette opération vise à réduire les créances improductives et les besoins de recapitalisation. Un nouveau conseil d'administration a été nommé, et la banque concernée " s'apprête à finaliser son plan de restructuration en vue de sa présentation à la COBAC ".

L'autre établissement, la BCC, " entreprend actuellement une révision de son plan de restructuration à la suite des observations transmises par la COBAC ", précise le rapport des services du FMI. Le coût global de sa recapitalisation ainsi que celle de la Banque commerciale du Tchad est évalué à 7,5 milliards de FCFA, dont la mise en œuvre est désormais prévue pour 2026.

En parallèle, les autorités tchadiennes ont engagé des discussions avec des investisseurs privés en vue de leur retrait de deux autres banques publiques de moindre taille. Il s'agit de la Banque agricole du Chari (BAC) et la Banque de l'habitat du Tchad (BHT). Des accords de cession ont déjà été signés, sous réserve de validation par la COBAC.

Ces mesures s'inscrivent dans un programme de désengagement progressif de l'État du secteur bancaire, que le gouvernement souhaite achever d'ici fin 2026. " Nous sommes déterminés à achever les plans de restructuration de la BCC et de la CBT, ainsi qu'à concrétiser le transfert de propriété de la BAC et de la BHT avant la fin de décembre 2026 ", ont affirmé les autorités dans leur déclaration jointe au rapport du FMI.

Les plans de restructuration en cours incluent la réduction des prêts non performants, la modernisation des systèmes informatiques pour renforcer la cybersécurité et élargir la clientèle, ainsi que la rationalisation des coûts d'exploitation. Ils prévoient également de remédier aux faiblesses de gouvernance qui ont contribué à la fragilité du système bancaire tchadien.

Le FMI souligne que " seules cinq banques sur dix respectent encore le taux d'adéquation des fonds propres réglementaire ", mais note une amélioration progressive de la situation à la fin de 2024, notamment " une diminution de 30 % de la dépendance au refinancement auprès de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) ".

Perton Biyiha

Publié le 22/10/25 13:25

La Rédaction

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