Louis Paul Motaze, le ministre camerounais des Finances
Pour le premier emprunt obligataire à tranches multiples de son histoire, le Trésor public Camerounais a fait carton plein. Selon un communiqué du ministre des finances, Louis Paul Motaze, le pays a mobilisé 176,6 milliards de FCFA, soit 268,3 millions d'euros, auprès des investisseurs de la zone CEMAC (Cameroun, Gabon, Congo, RCA, Guinée Équatoriale, Tchad) alors qu'il ne cherchait initialement que 150 milliards FCFA (228,7 millions d'euros), soit une souscription de 118%. En besoin de ressources financières, le Cameroun a sollicité et obtenu de la COSUMAF, le régulateur du marché financier régional, l'autorisation d'empocher la totalité de l'enveloppe proposée.
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La cartographie des souscriptions à cet emprunt permet de constater que les investisseurs n'ont pas voulu prendre de risque sur les titres de longue maturité, pourtant mieux rémunérés. Les tranches A et B, adossées à des taux d'intérêts respectifs de 5,80% sur 3 ans et à 6% sur 4 ans ont été sursouscrites. Les investisseurs ayant proposé 79,3 milliards FCFA (soit 198% du montant recherché) sur le premier instrument et 61,6 milliards FCFA (soit 154% du montant) sur le second. La tranche C, d'une maturité de 6 ans, n'a pu capter que la moitié du montant escompté contre 53% pour la tranche D dont le remboursement sera étalé sur 8 ans au taux de 7,25%.
Par type d'investisseurs, 64,08% du montant collecté a été fourni par les établissements financiers et bancaires ; 23,41% par les personnes morales non bancaires et 12,51% par les personnes physiques. Louis Paul Motaze a déclaré que ce résultat était " satisfaisant " car réalisé " dans un contexte économique particulièrement difficile ". En effet, le marché financier de la CEMAC traverse des tensions de liquidités en lien avec le durcissement de la politique monétaire menée par la BEAC, la banque centrale commune aux pays de la région.
L'opération lancée le 13 juin dernier a été pilotée par Société Général Capital Securities, Financia Capital, Afriland Bourse, Attijari Securities Central Africa et Upline Securities central Africa. L'enveloppe mobilisée devrait servir à financer un certain nombre de projets de développement prévus dans la loi de finances pour l'exercice 2023. Il s'agit par exemple de la construction d'une ligne de transport d'électricité 400KV Natchigata-Bafoussam, le bitumage des routes communales de Meyomessala et la reconstruction des régions en crise à savoir le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et l'Extrême-Nord.
Fernand Ghokeng
Publié le 05/07/23 13:59
La Rédaction
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