Les Émirats Arabes Unis (EAU) ont interdit aux navires naviguant sous pavillon camerounais de naviguer dans ses eaux et d'accoster dans ses ports. La décision est contenue dans une circulaire signée le 2 janvier dernier par le ministre émirati de l'Énergie et des Infrastructures et adressée aux autorités portuaires du pays.
“Dans le cadre de l'administration maritime fédérale des Émirats arabes unis (FMA) représentée par le ministère de l'énergie et des infrastructures, responsable de la réglementation des opérations des navires étrangers dans les eaux et les ports des Émirats arabes unis, cette administration a décidé d'inclure les navires enregistrés sous le pavillon de la "République du Cameroun" dans la liste existante des navires sous pavillon restreint faisant escale dans les eaux et les ports des Émirats arabes unis, à moins qu'ils ne soient classés par un membre de la classe IACS (Association internationale des sociétés de classification) ou par la société de classification des Émirats - Tasneef”, peut-on lire.
Le Cameroun rejoint ainsi, une liste de 8 autres pays blacklistés par Abu Dhabi à savoir l'Albanie, le Belize, la Corée du Nord, Sao Tomé-et-Principe, la République du Congo, la Guinée Equatoriale et la Tanzanie.
La circulaire gouvernementale n'avance, cependant, aucune raison qui pourrait justifier une telle restriction vis à vis de la première économie de la CEMAC. Mais selon Bloomberg, Abou Dhabi soupçonnerait des navires russes d'utiliser le pavillon camerounais pour contourner les sanctions imposées par l'occident sur le pétrole russe. En effet, depuis l'introduction du plafonnement des prix du pétrole brut et des produits raffinés russes par le G7, Moscou se serait tourné vers des pavillons peu connus pour évacuer ses matières premières d'où le phénomène de “flottes fantômes”, décrié par l'occident.
“La flotte de pétroliers immatriculée au Cameroun est petite, mais la plupart ont été destinés à la Russie au cours de l'année écoulée. Sur les 14 transporteurs pétroliers battant pavillon camerounais suffisamment petits pour collecter du pétrole dans les ports russes, 11 l'ont fait au cours des 12 derniers mois”, rapporte Bloomberg.
Les autorités camerounaises n'ont, pour l'instant, pas réagit à cette restriction qui pourrait refroidir les relations commerciales entre les 2 pays. L'impact ne devrait pas être de grande ampleur car les EAU ne figurent pas dans la liste des principaux partenaires commerciaux de la nation africaine.
Cédrick JIONGO
Publié le 12/01/24 09:28
La Rédaction
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CEMAC