La deuxième édition des ‘'Rendez-Vous de l'APSGI'' (Association professionnelle des Sociétés de gestion et d'intermédiation) qui s'est ouvert le 12 décembre a clos ses travaux le lendemain 13 décembre au siège du patronat à Abidjan-Plateau.
Initiée par l'APSGI-UEMOA, cet évènement qui a eu pour thème : ‘'Avec la bourse, investir aujourd'hui pour mieux vivre demain'', visait à promouvoir le marché financier régional et à vulgariser la culture boursière auprès des entreprises et du grand public.
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A en croire Soualiou Fadiga, directeur exécutif de ladite association, la tenue de cette rencontre réunissant différents acteurs de l'écosystème financier, après la première édition en 2017 à Cotonou au Bénin, a été suscitée par le fait que le marché financier régional et l'investissement en bourse restent encore méconnus de la majorité des populations de l'UEMOA, en dépit des 26 années d'activité de la BRVM.
Soualiou Fadiga, directeur exécutif de l'APSGI
Il a ainsi appelé dans son mot clôture, les entreprises et tous les partenaires à s'approprier les recommandations issues de ses deux jours de travaux meublés par des panels, des ateliers thématiques et des visites de stands d'exposition.
Avantages de l'introduction en bourse pour les sociétés
Cette dernière journée de cette deuxième édition des ''Rendez-Vous de l'APSGI'' a été surtout marquée par des panels animés par des professionnels du marché financier, dont celui ayant pour thème : ‘'Devenir une société cotée en bourse/Avantages, défis et implications''.
Avec comme modérateur, Daniel Aggré, directeur général de Sika Finance, les intervenants au nombre desquels Philippe Brizoua, directeur du développement et de la gestion des projets BRVM, Djamela Kouakou, directeur en charge des activités de financial advisory pour le bureau de Côte d'Ivoire de Forvis Mazars, Jean Philippe Kouamé, directeur gestion des risques à NSIA Banque CI, ont tour à tour souligné l'intérêt de l'introduction d'une entreprise en bourse.
Si pour ces panelistes, les obstacles pour les sociétés à être coté en bourse se résument surtout à ‘'la transparence des données financières à la BRVM'', ainsi que le coût parfois élevé des prestations des SGI vis-à-vis des PME, bien que ce dernier élément ait battu en brèche par Soualiou Fadiga, arguant que les commissions des SGI sont homologués auprès de l'AMF (le gendarme du marché financier régional), il existe bel et bien divers avantages.
En effet, l'amélioration de la gouvernance constitue un gros avantage pour une société à la cote. ‘'Être coté en bourse facilite la communication et renforce la confiance auprès des partenaires', a relevé Jean Philippe Kouamé. Partageant l'expérience de NSIA Banque, il a déclaré ‘' NSIA est heureux d'être coté en bourse. Et cela lui permet de communiquer aisément en interne et en externe avec des supports comme Sika Finance, pour rassurer et les employés, et les éventuels investisseurs…''.
Pour sa part, Philippe Brizoua a lancé un appel aux entreprises, notamment les PME de l'UEMOA à s'approprier le marché financier et la bourse, afin d'être plus compétitif à la ZLECAf par rapport aux pays anglophones sur le continent qui ont une longueur d'avance en investissement boursier. Il a annoncé un minimum de trois entreprises dans l'antichambre d'une introduction en bourse en 2025, devant subséquemment permettre à la BRVM disposant désormais de 47 sociétés cotées, avec l'admission de Loterie nationale du Bénin (LNB) en cette même journée, d'atteindre la barre de 50 valeurs.
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Les panelistes ont fustigé que ce nombre de 47 valeurs cotées à la BRVM pour huit pays réunis au sein de l'UEMOA, est insignifiant comparativement à certains pays comme le Ghana qui totalise à lui seul 37 sociétés cotées. Pour encourager les entreprises encore hésitantes à venir à la cote, ils ont à l'unanimité réitéré que l'introduction en bourse permet à ‘'une société de lever des fonds, afin de renforcer ses investissements, étendre ses activités et rassurer davantage ses partenaires''.
Dans un autre panel intitulé ‘'Financer l'entrepreneuriat : Les alternatives du marché financier de l'UMOA pour soutenir l'entrepreneuriat'', il est ressorti de l'avis des différents intervenants que la bourse ne doit pas être seulement perçue comme un outil dédié aux grandes entreprises. Mieux les PME devraient s'en saisir pour obtenir des financements à travers les levées de fonds par vente d'actions. Ainsi, les PME ayant un minimum d'existence de trois ans ont été invitées à se faire coter, avec un montant minimum de 10 millions FCFA comme conditions exigées à la BRVM.
Partageant le succès du programme Elite-BRVM en faveur des hôtels Azalaï, en vue d'encourager les entreprises à épouser l'idée de la bourse, Ousmane DIENG, directeur financier et comptable de ce groupe hôtelier malien, a signifié que ledit projet a permis une diversification des sources de financement et la réalisation de plusieurs investissements, notamment le déploiement des réceptifs hôteliers sur le continent. S'agissant du programme Elite-BRVM, il vise une mise à niveau des PME les plus performantes et les plus ambitieuses de la sous-région, afin qu'elles aient les capacités requises pour lever les fonds nécessaires à leur développement.
Publié le 14/12/24 09:55
Narcisse Angan
SN
CEMAC