Le Mali confirme sa capacité à mobiliser l'épargne régionale. En effet, à l'issue d'une émission simultanée de Bons et Obligations assimilables du Trésor (BAT/OAT) réalisée ce 4 mars sur le marché financier régional de l'UMOA, le pays a levé 33 milliards FCFA, dépassant ainsi l'objectif initial fixé à 30 milliards.
Organisée par UMOA-Titres, l'opération a suscité un fort intérêt des investisseurs, avec 115,63 milliards FCFA de soumissions, soit un taux de couverture de 385,45%. Autrement dit, les investisseurs ont proposé près de quatre fois le montant recherché, témoignant d'un regain d'appétit pour les titres souverains maliens sur le marché régional. Malgré cet engouement, le Trésor malien a opté pour une stratégie prudente en ne retenant que 33 milliards FCFA, soit 28,54% du montant total proposé par les investisseurs.
Ce choix traduit une volonté de maîtriser le coût de l'endettement, dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes sur les taux d'intérêt et une concurrence accrue entre États pour capter la liquidité disponible. Cette sélectivité permet au gouvernement de financer ses besoins budgétaires tout en évitant une hausse excessive des charges liées au service de la dette.
Dans le détail, le Bon du Trésor à 364 jours a retenu 8,25 milliards FCFA de soumissions et un Rendement moyen pondéré (RMP) de 6,65%. Du côté des obligations, l'OAT 3 ans a concentré la majorité de l'intérêt des investisseurs, levant 22,71 milliards FCFA avec un RMP de 8,51%. L'OAT 5 ans, a validé 2,04 milliards FCFA, pour un RMP de 7,68%.
Les propositions retenues proviennent de 6 États membres de l'Union, reflétant la forte interconnexion financière au sein de l'UMOA : Mali : 18,5 milliards FCFA, Côte d'Ivoire : 6,12 milliards FCFA, Togo : 4,01 milliards FCFA, Burkina Faso : 3,37 milliards FCFA, Sénégal : 0,28 milliard FCFA, Bénin : 0,71 milliard FCFA. Cette diversification des investisseurs reflète la circulation active des capitaux au sein de l'UMOA, où les États continuent de recourir au marché régional pour financer leurs budgets.
Avec cette opération réussie, Bamako démontre une nouvelle fois sa capacité à attirer la liquidité disponible dans l'espace régional, malgré un environnement financier international et régional marqué par la prudence des investisseurs. La forte demande observée lors de cette émission souligne également la résilience du marché régional de la dette publique, devenu un levier central de financement pour les États membres confrontés à des besoins croissants d'investissement et à un accès plus restreint aux marchés internationaux.
Publié le 05/03/26 17:32
Narcisse Angan
SN
CEMAC