Marché carbone : Le Nigeria parie sur 3 milliards USD par an pour diversifier ses revenus

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 17h59min

Le Nigeria accélère son virage climatique avec une ambition clairement économique. Abuja vient d'approuver un cadre national de marché du carbone visant à générer au moins 3 milliards de dollars de recettes annuelles d'ici 2030, dans un contexte de recherche de nouvelles sources de devises hors pétrole.

Dans un pays confronté à des tensions chroniques sur ses réserves de change, cette perspective est loin d'être marginale. À titre de comparaison, 3 milliards de dollars représentent l'équivalent de plusieurs mois de recettes pétrolières nettes pour l'État fédéral lors des périodes de faibles cours du brut.

Le dispositif, validé par le président Bola Tinubu, ouvre la voie à une participation prioritaire au marché volontaire du carbone et aux échanges internationaux de crédits d'émission, avant l'instauration ultérieure d'un système domestique de quotas et d'une taxe carbone. Un crédit correspond à une tonne de CO₂ évitée ou capturée, notamment via des projets de reboisement, d'énergies renouvelables ou d'efficacité énergétique.

Le pays dispose déjà de 57 projets enregistrés, ayant émis 5,8 millions de tonnes de crédits carbone. Le nouveau cadre prévoit un registre national, la déclaration obligatoire des émissions des entreprises et des mécanismes de conformité progressifs, alignés sur l'objectif de neutralité carbone en 2060.

Pour attirer les investisseurs, le gouvernement introduit des incitations fiscales fortes : exonération d'impôts sur les revenus carbone jusqu'à 10 ans, amortissements accélérés pour les actifs bas carbone et déductions pour la recherche. La supervision sera assurée par le Conseil national sur le changement climatique, directement rattaché à la présidence.

Cette stratégie intervient toutefois dans un contexte délicat. Les marchés mondiaux du carbone ont perdu plus des deux tiers de leur valeur depuis 2021, pénalisés par les doutes sur la qualité des projets et le recul de l'engagement climatique des entreprises.

Malgré ces fragilités, Abuja voit dans le carbone un nouveau levier de financement, capable d'attirer des capitaux étrangers et d'ancrer le Nigeria dans l'architecture émergente du financement climatique mondial.

La Rédaction

Publié le 13/01/26 10:47

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

uvQ2iyAcJU24qG-lh4s4xhXjdR0ot2oFyeMyGQIqC8w False