Le marché financier régional de la zone CEMAC affiche des signes de prudence croissants vis-à-vis du Congo. Selon le FMI, l'économie a enregistré une croissance de seulement 2,4 % en 2025, freinée par des " investissements publics faibles, des interruptions de l'approvisionnement énergétique et une activité hydrocarbures atone ". Ce manque de dynamisme érode la confiance des investisseurs, d'autant plus que le déficit du compte courant s'est creusé à 5,8 % du PIB, reflétant une fragilité extérieure accrue, que les agences de notation à l'image de Fitch ratings ont d'ailleurs jugé sévèrement avec un CCC+ assortie d'une note de recouvrement RR4 en février dernier.
La crédibilité du pays sur le marché des capitaux est donc directement entachée par une gestion de la trésorerie jugée défaillante. Le Fonds note avec inquiétude que des " arriérés domestiques et extérieurs nouvellement accumulés indiquent des faiblesses persistantes dans la gestion de la dette ". Pour les souscripteurs de titres publics (BTA et OTA), ces impayés sont des signaux d'alerte rouge, malgré les efforts affichés par les autorités pour corriger le tir via l'assistance technique.
L'analyse de la viabilité de la dette reste alarmante, avec un encours total estimé à " 97,2 % du PIB à la fin de 2025 ". Ce niveau d'endettement réduit considérablement la marge de manœuvre du Trésor congolais pour rassurer les marchés. Le FMI souligne d'ailleurs que la capacité du pays à honorer ses engagements reste " soumise à des risques significatifs ", notamment en cas de baisse prolongée des prix du pétrole ou de désintérêt des investisseurs régionaux.
Pour 2026, l'enjeu annoncé et affiché sera de restaurer cette signature par une discipline budgétaire de fer. Les administrateurs du Fonds insistent sur le fait qu'une " planification améliorée du service de la dette, de l'apurement des arriérés et des émissions de dette " est indispensable. Sans une coordination renforcée entre les agences gouvernementales et une transparence totale, le Congo risque de voir ses coûts d'emprunt exploser sur le marché régional.
Publié le 19/03/26 17:49
La Rédaction
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CEMAC