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UEMOA : Sénégal, Bénin, Niger en tête des croissances économiques les plus vigoureuses en 2025

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L'UEMOA a confirmé, une fois encore, sa robustesse macroéconomique. Portée par des locomotives régionales en pleine accélération, l'activité économique a maintenu un rythme soutenu au 4e trimestre 2025, consolidant une trajectoire de croissance parmi les plus dynamiques du continent.

Au dernier trimestre 2025, le produit intérieur brut de l'Union a progressé de 6,5% en glissement annuel, à peine en retrait par rapport aux 6,6% enregistrés au trimestre précédent, selon les chiffres officiels. Cette performance témoigne d'une remarquable résilience, dans un contexte international pourtant marqué par des incertitudes persistantes.

Le principal moteur de cette expansion demeure le secteur tertiaire, dont la contribution à la croissance s'est renforcée pour atteindre 3,5 points de pourcentage, en hausse de 0,2 point. Cette dynamique reflète la vigueur des activités de services, notamment dans le commerce, les télécommunications et les services financiers.

Le secteur secondaire conserve également un rôle clé, avec une contribution de 1,9 point, bien qu'en léger repli par rapport au trimestre précédent. Quant au secteur primaire, il poursuit sa progression modérée, contribuant à hauteur de 1,1 point, porté par des performances agricoles globalement satisfaisantes.

Une année 2025 en accélération

Sur l'ensemble de l'année, la croissance économique de l'Union s'établit à 6,7%, contre 6,2% en 2024, confirmant une accélération notable. Cette évolution repose principalement sur la complémentarité entre le tertiaire et le secondaire, dont les contributions atteignent respectivement 3,4 et 2,3 points de pourcentage.

Le secteur primaire, bien que moins déterminant, continue d'apporter un soutien non négligeable à la croissance, avec une contribution d'environ 1 point.

L'un des faits marquants de l'année réside dans la montée en puissance du secteur extractif, favorisée par l'exploitation accrue des ressources naturelles. Les nouveaux gisements d'hydrocarbures en Côte d'Ivoire, au Sénégal et au Niger, combinés à la progression des activités minières et manufacturières, ont significativement renforcé la base productive de l'Union.

Sénégal, Bénin, Niger : les locomotives régionales

La hiérarchie des performances nationales met en lumière 3 économies particulièrement dynamiques.

Le Sénégal se distingue avec une croissance de 7,8%, confirmant son statut de moteur régional, soutenu notamment par les investissements et le développement de son secteur énergétique.

Le Bénin suit de près avec 7,5%, traduisant l'efficacité des réformes économiques engagées ces dernières années et le dynamisme de son tissu productif.

Le Niger, avec 6,9%, complète ce trio de tête, bénéficiant notamment de l'essor de ses activités extractives.

Les autres pays de l'Union affichent également des performances solides, témoignant d'une croissance largement partagée. Le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire enregistrent chacun 6,5%, suivis du Togo (6,2%), du Mali (6,1%) et de la Guinée-Bissau (5,5%). Ces niveaux demeurent parmi les plus élevés à l'échelle africaine.

Une croissance portée par la demande intérieure et les exportations

L'analyse par les emplois du PIB montre le rôle central de la demande intérieure. La consommation finale constitue le principal levier, avec une contribution de 3,7 points de pourcentage, démontrant une certaine résilience du pouvoir d'achat et de la demande des ménages.

Les investissements, quant à eux, apportent 1,8 point, signe d'un maintien de l'effort d'équipement et de développement des infrastructures dans l'ensemble de l'Union.

Le secteur extérieur contribue également positivement à la croissance, à hauteur de 1,2 point, en lien avec la progression des exportations de produits miniers, pétroliers et gaziers.

Des révisions nationales révélatrices de dynamiques internes

La croissance globale de l'Union est restée inchangée par rapport aux estimations de décembre 2025 de la BCEAO, malgré des ajustements notables dans certains pays.

Au Mali, la croissance a été révisée à 6,1%, soit une hausse de 0,6 point. Cette amélioration s'explique par un impact moins prononcé que prévu des tensions sur l'approvisionnement en carburant, mais aussi par le dynamisme des secteurs tertiaire et primaire, la consolidation de la production aurifère et le lancement de l'exploitation du lithium.

Au Burkina Faso, la révision à la hausse de 0,2 point reflète principalement le renforcement des investissements publics, notamment dans les travaux d'infrastructures, qui ont soutenu l'activité économique.

Une trajectoire robuste mais dépendante de nouveaux relais

Au total, l'UEMOA confirme son positionnement parmi les zones les plus dynamiques du continent. La combinaison d'une demande intérieure solide, d'investissements soutenus et de nouvelles ressources extractives constitue un socle favorable à la poursuite de la croissance.

Reste que cette trajectoire repose de plus en plus sur l'exploitation des ressources naturelles, ce qui pose, à moyen terme, la question de la diversification économique et de la soutenabilité du modèle de croissance.

Dans l'immédiat, l'Union bénéficie d'un alignement favorable des moteurs économiques, porté par des économies nationales en forte expansion. Un signal particulièrement encourageant dans un environnement mondial encore incertain.

Publié le 19/03/26 18:24

Dr Ange Ponou

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