Deux ans après son lancement par le Groupe de la Banque mondiale et le Groupe de la Banque africaine de développement, l'initiative Mission 300 a déjà permis à plus de 50 millions d'Africains d'accéder à l'électricité dans 40 pays, soit un 1/6 de son objectif final de 300 millions de bénéficiaires à l'horizon 2030, selon une information publiée ce 16 juin par l'institution de Bretton Woods.
Pour les promoteurs de l'initiative, le rythme des nouveaux raccordements est désormais près de deux fois supérieur à celui observé lors du lancement du programme en 2024. Cette accélération repose sur une approche intégrée couvrant l'ensemble de la chaîne énergétique, de la production au raccordement final des ménages, entreprises et services publics.
Les résultats sont particulièrement visibles dans plusieurs pays africains. En Tanzanie, 7,5 millions de personnes ont été raccordées à l'électricité grâce au programme, soit 5 fois plus que le rythme annuel moyen enregistré avant Mission 300. En Éthiopie, 4,6 millions de personnes ont bénéficié d'un accès au réseau grâce à des réformes ayant réduit le coût des branchements. Au Nigeria, plus de 4,5 millions de personnes ont été connectées à travers des initiatives portées par le secteur privé.
Cette dynamique s'appuie sur une mobilisation financière d'envergure. À ce jour, près de 15 milliards de dollars ont été engagés par les deux institutions financières multilatérales, auxquels s'ajoutent 4,5 milliards de dollars de cofinancements. Les partenaires au développement ont, de leur côté, promis plus de 7 milliards de dollars supplémentaires pour soutenir la transformation énergétique du continent.
Mission 300 se distingue également par sa capacité à fédérer États, bailleurs et investisseurs privés autour d'une feuille de route commune. 30 pays ont déjà adopté des Accords nationaux sur l'énergie destinés à renforcer les systèmes électriques, développer les énergies renouvelables et favoriser une plus grande implication du secteur privé.
‘'50 millions de personnes connectées, c'est un cap important, mais le plus significatif réside dans le rythme et le partenariat qui le sous-tendent'', a souligné Ajay Banga, président du Groupe de la Banque mondiale. Pour lui, l'électricité constitue avant tout un levier de transformation économique et sociale, créateur d'emplois, d'opportunités entrepreneuriales et d'amélioration des services de santé et d'éducation.
Même tonalité du côté de la Banque africaine de développement. Son président, Sidi Ould Tah, estime que ‘'le cap des 50 millions est véritablement louable'' mais appelle à une mobilisation accrue afin d'atteindre l'objectif de 300 millions de personnes raccordées d'ici à 2030. Selon lui, l'accès à l'énergie demeure un facteur décisif pour renforcer la sécurité alimentaire, améliorer les systèmes de santé et favoriser une croissance plus inclusive.
Pour les partenaires de l'initiative, ce premier bilan confirme qu'une combinaison de réformes publiques, de financements concessionnels et de capitaux privés peut accélérer l'électrification du continent à grande échelle. Dans une Afrique où près de 600 millions de personnes restent encore privées d'électricité, Mission 300 apparaît désormais comme l'un des programmes les plus ambitieux jamais déployés pour réduire la fracture énergétique et soutenir la croissance économique.
Publié le 16/06/26 14:08
Dr Ange Ponou
SN
CEMAC