Après plusieurs années d'incertitudes, le Niger et l'Algerie ont remis au goût du jour l'un des projets énergétiques les plus ambitieux d'Afrique, le gazoduc transsaharien. L'annonce a été faite lors de la visite officielle du chef de la junte nigérienne, le général Abdourahamane Tiani, à Alger les 15 et 16 février dernier, marquant la fin d'une crise diplomatique qui avait paralysé le projet depuis plusieurs mois.
Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a confirmé que le groupe public Sonatrach se pencherait sur la construction du tronçon traversant le Niger, avec un démarrage prévu juste après le mois de Ramadan. Ce pipeline, long de plus de 4 000 km, relierait le Sud du Nigeria à l'Algérie en passant par le Niger, transportant jusqu'à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an. Une fois acheminé vers la côte algérienne, le gaz pourrait ensuite être exporté vers l'Europe via le gazoduc Transmed, reliant l'Afrique du Nord à l'Italie, ou sous forme de gaz naturel liquéfié par voie maritime.
Le gazoduc transsaharien, également connu sous les acronymes TSGP ou NIGAL, représente un investissement colossal de l'ordre de 13 milliards de dollars, soit 7 203 milliards FCFA. Au-delà de sa dimension infrastructurelle, le projet vise à diversifier les sources d'approvisionnement de l'Europe, dans un contexte géopolitique où la sécurité énergétique est devenue un enjeu majeur.
Du côté du Niger, le projet représente une opportunité stratégique et économique majeure. Il permettrait un transfert de compétences techniques grâce à la coopération avec Sonatrach, des recettes supplémentaires liées aux droits de transit et la valorisation de ses ressources énergétiques nationales. Le pays se positionne ainsi comme un maillon central entre le Nigeria, détenteur des plus importantes réserves gazières africaines, et l'Algérie, porte d'entrée vers l'Europe. Pour l'Algérie, le pipeline consolide son rôle de hub énergétique régional. Le pays capitalise sur ses réseaux existants vers l'Italie et l'Espagne, réduisant ainsi délais et coûts d'acheminement pour le gaz nigérian.
Publié le 19/02/26 14:50
Narcisse Angan
SN
CEMAC