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Nigeria : Dangote vend à nouveau le carburant en naira après une brève tarification en dollar

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La plus grande raffinerie d'Afrique renoue avec les ventes en nairas, mais l'épisode révèle les fragilités persistantes du modèle énergétique nigérian. Après une semaine de tarification en dollars, Dangote Petroleum Refinery a réintroduit, ce 23 juillet 2026, des prix libellés en monnaie locale pour ses produits pétroliers, selon le média Bloomberg, dans un contexte marqué par les tensions sur l'accès aux devises et l'approvisionnement en brut.

La raffinerie de Dangote, dotée d'une capacité de 700 000 barils par jour, a fixé le prix de l'essence sortie usine à 1 215 nairas le litre, contre 1 075 nairas auparavant. Cette décision intervient après un passage temporaire à une tarification en dollars, motivé par la nécessité de limiter l'exposition aux fluctuations du change, alors que l'achat de pétrole brut reste largement réalisé en devise américaine.

Le bras de fer met en lumière les difficultés d'application du mécanisme d'échange instauré en 2024 entre l'État nigérian et le groupe Dangote. Ce dispositif prévoyait que la compagnie pétrolière publique Nigerian National Petroleum Company Limited fournisse du brut en nairas à la raffinerie, en contrepartie d'une commercialisation des carburants sur le marché intérieur dans la monnaie locale. L'objectif était de réduire la demande de dollars et de soutenir le naira, fortement fragilisé après la réforme du régime de change en 2023.

Mais l'accord peine à produire les effets escomptés. Selon Dangote, les volumes de brut reçus en nairas restent insuffisants, obligeant la raffinerie à dépendre davantage des approvisionnements en dollars. ‘'Nous exportons autant que possible'', a indiqué Devakumar VG Edwin, vice-président du groupe Dangote Refinery, cité par le média américain, soulignant que vendre localement en nairas sans disposer de devises pour acheter les matières premières crée un risque financier.

Cette contrainte a également modifié la stratégie commerciale de l'entreprise. En juin 2026, les importations nigérianes d'essence ont bondi à 18,1 millions de litres par jour, contre 5,6 millions en mai, alors même que la raffinerie de Dangote avait fourni près de 90% de l'essence consommée dans le pays un mois auparavant. Une situation paradoxale pour un pays premier producteur africain de pétrole, mais encore fortement dépendant des importations de carburants.

Au-delà de la politique tarifaire, l'enjeu est désormais celui de la souveraineté énergétique du Nigeria. Si Dangote continue de privilégier les exportations pour sécuriser ses revenus en devises, le pays pourrait voir ressurgir une dépendance aux importations qu'il cherchait précisément à réduire avec la mise en service de cette infrastructure stratégique.

La raffinerie, qui a atteint 101,3% de sa capacité installée en mai selon le régulateur nigérian du secteur aval, demeure un atout majeur pour transformer le paysage énergétique national. Mais son plein impact dépendra désormais de la capacité des autorités à garantir un approvisionnement régulier en pétrole brut et un accès plus fluide aux devises.

Publié le 23/07/26 18:57

La Rédaction

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