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Nigéria : Le FMI revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour 2022

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Le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé, le vendredi 18 novembre, ses prévisions de croissance pour le Nigéria à 3% pour 2022, en diminution de 0,4 point par rapport à celles de juin. Une révision à la baisse justifiée par la faiblesse de la production pétrolière et les effets néfastes des récentes inondations.

Le Nigéria a perdu en septembre dernier son statut de premier producteur de brut en Afrique, principalement à cause des siphonnages enregistrés sur les pipelines ; ce qui représente des pertes de 470 000 barils par jour. Toutefois, avec les mesures prises par les autorités pour freiner le vol de pétrole en cours et la mise en service de la Dangote Oil Refinery d'une capacité de 650 000 barils /jour, le FMI anticipe sur une reprise prolongée du secteur pétrolier dès le début de l'année prochaine.

Le déficit budgétaire, lui, devrait davantage se creuser à 6,2 % du PIB en 2022, malgré le relèvement global des recettes pétrolières et non pétrolières. En cause, les subventions " coûteuses " des prix à la pompe couplées à l'augmentation des coûts du service de la dette, qui devraient absorber près de la moitié des recettes publiques, note le Fonds.

Une inflation intenable

L'institution basée à Washington table également une inflation plus modérée d'ici la fin de l'année soutenue par le début de la saison des récoltes qui devrait plus que contrebalancer l'augmentation prévue des prix du riz causé par les récentes inondations. Mais la guerre en Ukraine, qui a perturbé les chaînes d'approvisionnement, représente un risque pour la stabilité des prix.

L'inflation s'est accélérée 9 mois de suite à travers le pays pour atteindre son niveau le plus élevé sur les 17 dernières années. " Les effets des récentes inondations et des prix élevés des engrais pourraient s'enraciner davantage, affectant négativement à la fois la production agricole et les prix des denrées alimentaires en 2023 " analyse le FMI, qui considère que la dépendance continue du financement du déficit budgétaire par la banque centrale (CBN) pourraient exacerber les pressions sur les prix.

Durcir la politique monétaire

L'institut d'émission monétaire de la première puissance africaine est sous les feux des projecteurs puisque son comité de politique monétaire se réunira ce mardi 22 novembre probablement pour donner un nouveau tour de vis à sa politique monétaire. La CBN a, en effet, déjà relevé à 4 reprises son taux directeur qui, à 15,5%, représente le niveau le plus élevé de ces 20 dernières années. Une politique d'austérité soutenue par le FMI malgré l'impact sur la croissance. " Un resserrement décisif et efficace de la politique monétaire est une priorité pour prévenir les risques de désencrage des anticipations d'inflation " note le FMI qui recommande au pays de " se tenir prêt à augmenter encore son taux directeur pour envoyer un signal de resserrement ".

Fernand Ghokeng

Publié le 21/11/22 15:37

La Rédaction

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