Le Nigeria franchit un nouveau cap budgétaire. En effet, à la demande du président Bola Tinubu, le Parlement a validé un budget 2026 révisé à la hausse, atteignant 68 300 milliards de nairas, soit environ 49,4 milliards de dollars (28 000 milliards FCFA). Une enveloppe historique qui reflète à la fois les ambitions de relance économique du pays et les contraintes héritées des exercices précédents.
Initialement fixé à 58 470 milliards de nairas, soit environ 42,11 milliards de dollars (23 974,12 milliards FCFA), le budget a été majoré de 9 300 milliards de nairas, soit environ 6,7 milliards de dollars (3 814 milliards FCFA). Cette augmentation vise principalement à financer des projets d'investissement non exécutés, estimés à près de 5 700 milliards de nairas (environ 4 millions de dollars), ainsi que d'autres engagements restés en suspens.
Dans une lettre adressée au Sénat, le chef de l'État a justifié cet ajustement par la nécessité d'assurer la continuité des projets structurants et d'éviter que ces obligations ne pèsent durablement sur les finances publiques. Une part importante des ressources supplémentaires sera consacrée au développement des infrastructures, notamment les projets de transport. Le gouvernement prévoit ainsi le développement de réseaux de tramway dans des États clés comme Lagos, Kano, Kaduna et Ogun ; des études de faisabilité pour de nouveaux projets ferroviaires, notamment sur le corridor stratégique Calabar–Maiduguri ; et le renforcement des réseaux de transport urbain et interurbain.
Ces investissements s'inscrivent dans une logique de modernisation des infrastructures, considérée comme un levier essentiel pour soutenir la croissance et améliorer la compétitivité de l'économie nigériane.
Au-delà des infrastructures, le budget révisé intègre également 344,8 millions de dollars pour des interventions sanitaires prioritaires ; 98,5 milliards de nairas pour la Cour d'appel et 36,7 milliards de nairas pour la cour suprême, en prévision des contentieux liés aux élections générales de 2027. Ces allocations traduisent une volonté de renforcer à la fois le système de santé et les institutions judiciaires, dans un contexte de réformes structurelles.
Un recours accru à l'endettement
Pour soutenir ce budget élargi, les autorités ont obtenu l'approbation d'un plan d'emprunt extérieur de 6 milliards de dollars, dont 5 milliards auprès de First Abu Dhabi Bank ; et 1 milliard auprès de Citi. Une part significative de ces financements sera orientée vers les projets d'investissement et le service de la dette, avec au moins 40% dédiés aux budgets 2025 et 2026.
Cette expansion budgétaire s'inscrit dans un agenda de réformes économiques ambitieuses, marqué notamment par la suppression des subventions aux carburants, la dévaluation de la monnaie et la refonte du système fiscal. Le gouvernement table sur une croissance de 4,68% en 2026, légèrement supérieure aux prévisions de la Banque mondiale. Toutefois, cette stratégie n'est pas sans risques, car le déficit budgétaire devrait dépasser 6% du PIB, contre une estimation initiale de 4,28%.
Publié le 02/04/26 15:51
Narcisse Angan
SN
CEMAC