Pays en développement : Quand de faibles notes de crédit limitent l’accès aux marchés financiers

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L'accès à des financements abordables reste une préoccupation cruciale pour de nombreux pays à travers le monde, en particulier pour ceux en développement. Ces derniers, souvent confrontés à une capacité de mobilisation limitée des ressources intérieures, se tournent fréquemment vers les marchés financiers internationaux pour combler leurs déficits budgétaires. Ce choix s'avère avantageux car ces marchés offrent la possibilité de lever des fonds sur des périodes de remboursement bien plus longues, et à des coûts relativement moins élevés.

Ainsi, à la faveur de la normalisation des conditions financières internationales marquée par la fin de la politique monétaire restrictive des principales banques centrales, plusieurs pays en développement ont réussi à retrouver avec succès leur accès aux marchés internationaux dès le début de cette année. Parmi eux, on compte la Côte d'Ivoire, le Bénin, le Mexique, l'Indonésie, ainsi que d'autres nations, qui ont pu mobiliser plus de 50 milliards de dollars sans difficulté.

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28 pays en développement pourraient toujours être privés des émissions d'eurobonds

Dans ce contexte, un article de la Banque mondiale souligne qu'en raison de notes de crédit médiocres (les notes basses sont celles inférieures ou égales à Caa1/CCC+), attribuées en raison de niveaux d'endettement élevés approchant les 75% à fin 2023, 28 économies en développement sont privées de ces ressources cruciales.

Ces pays, largement absents des marchés financiers internationaux depuis l'an 2000 en raison de leur faible solvabilité, semblent confrontés à un dilemme : renoncer à une source de financement essentielle avec des conséquences économiques dévastatrices, ou recourir à ce type de financement à un coût exorbitant.

Coûts prohibitifs des emprunts pour les pays en développement à faible qualité de crédit

Cette situation risque d'aggraver encore davantage la santé financière de ces pays, car, selon l'article, "les taux d'intérêt exigés par les investisseurs internationaux sont environ 20 points de pourcentage plus élevés que la norme mondiale de référence, et plus de 9 fois supérieurs à ceux des autres économies en développement bénéficiant d'une cote de crédit favorable". En conséquence, 11 de ces pays ont fait défaut de paiement depuis 2020, soit presque autant que pendant les deux décennies précédentes combinées, selon les informations de la Banque mondiale.

Selon l'institution de Bretton Woods, dans près de la moitié des pays en développement considérés comme peu solvables, la population moyenne sera plus pauvre à la fin de l'année 2024 qu'elle ne l'était en 2019, juste avant le début de la pandémie de la Covid-19. De plus, ces pays connaîtront une croissance économique plus lente, d'environ un point de pourcentage, pour la période 2024-2025 par rapport à la décennie précédant la crise sanitaire.

Se doter d'un espace budgétaire nécessaire à la croissance économique

Pour résoudre cette situation difficile, la Banque mondiale insiste sur la mise en place d'une aide extérieure immédiate, tant sous la forme d'un allégement de la dette pour certains d'entre eux qu'à travers une amélioration générale du cadre mondial de restructuration de la dette.

Elle recommande également qu'ils se dotent avant tout d'un espace budgétaire nécessaire à la croissance économique et à la résilience, car si les crises concomitantes des 5 dernières années ont aggravé leurs problèmes d'endettement, c'est souvent l'imprudence budgétaire qui a été à l'origine de leurs difficultés. Cela passe par l'élargissement de l'assiette des recettes publiques et de la priorisation des dépenses ainsi que par l'abandon des subventions sources de distorsion et de gaspillage.

Elle plaide enfin pour la mise en place des systèmes de taux de change crédibles et favoriser l'indépendance des banques centrales sur le plan monétaire. Ces réformes, ajoute-elle, devront s'accompagner de mesures destinées à améliorer la qualité des institutions nationales, afin de créer un environnement plus propice à l'investissement.

Dr Ange Ponou

Publié le 20/02/24 11:53

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