Le gouvernement de Guinée Équatoriale vient de renforcer un peu plus sa stratégie de relance énergétique en validant, aux côtés de la major américaine Chevron, la décision finale d'investissement (FID) pour le projet de monétisation du gaz du champ offshore Aseng. Cet investissement, évalué à environ 386 milliards FCFA (690 millions de dollars), marque un tournant pour Malabo qui cherche à enrayer le déclin naturel de sa production d'hydrocarbures. Ce projet prévoit le raccordement technique des infrastructures d'Aseng aux installations existantes d'Alen, permettant ainsi d'optimiser l'outil de production actuel sans engager de lourds travaux de génie civil supplémentaires.
Outre le champ d'Aseng, le partenariat entre Malabo et le géant de San Ramon s'intensifie avec l'attribution officielle de cinq nouveaux blocs d'exploration, dont les très prometteurs blocs EG-06 et EG-11. Ces zones, situées à proximité immédiate des hubs de production existants, s'inscrivent dans une stratégie d'exploration dite "infrastructure-led". Une méthode qui permet de réduire considérablement les délais de mise en exploitation en cas de découverte commerciale, garantissant ainsi un flux constant de revenus pour le Trésor public équato-guinéen à moyen terme.
Cette offensive de Chevron vient consolider l'ambition nationale de faire de l'île de Bioko un méga hub gazier régional. En sécurisant l'approvisionnement de l'usine de liquéfaction EG LNG jusqu'au milieu des années 2030, cet accord protège non seulement les exportations de gaz naturel liquéfié, mais renforce également la position de la Guinée Équatoriale comme centre de traitement pour les pays voisins, à l'instar du Cameroun et du Nigeria.
L'implication de la compagnie nationale GEPetrol dans ces blocs témoigne par ailleurs d'une volonté de l'État de monter en compétence sur la gestion des actifs stratégiques. Ainsi, malgré la transition énergétique mondiale, la Guinée Équatoriale reste une destination de choix pour les capitaux américains. La capacité du pays à attirer un investissement de cette envergure démontre une résilience de son cadre réglementaire et une attractivité maintenue pour les majors pétrolières.
Publié le 07/05/26 16:49
La Rédaction
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CEMAC