Le Forum d'affaires France-Tchad s'est tenu le 25 septembre à Paris, aux Salons Hoche, en présence de 250 entreprises françaises et tchadiennes. Organisée avec le MEDEF International, la rencontre a débouché sur plusieurs accords entre entreprises des deux pays dans la logistique, l'élevage, la santé, l'enseignement supérieur et la formation professionnelle.
Le secteur logistique figure parmi les principaux bénéficiaires de ces nouveaux partenariats. Un protocole a notamment été signé avec Africa Global Logistics (AGL) autour du projet de port sec de Toukra. Pour un pays enclavé comme le Tchad, une telle infrastructure doit permettre de rapprocher des grands corridors terrestres les opérations douanières, le stockage et le traitement des marchandises, avec pour objectif de fluidifier les échanges.
AGL est déjà implanté dans le dispositif logistique tchadien. À travers la Société de manutention du Tchad, le groupe est concessionnaire depuis 2010 du port sec de N'Gueli. La modernisation de cette plateforme a été engagée en juillet 2024, avec une première phase évaluée à plus de 2 milliards FCFA.
Le projet de Toukra intervient alors que la capacité des infrastructures existantes est sous pression. En mars 2026, lors d'une visite à N'Gueli, le ministre tchadien des Finances, Tahir Hamid Nguilin, avait évoqué la congestion de la plateforme et annoncé l'installation prochaine d'un bureau des douanes à Toukra. Le protocole signé avec AGL à Paris s'inscrit donc dans cette volonté d'accroître les capacités logistiques du pays.
L'élevage et la santé au cœur de plusieurs accords
Les nouveaux partenariats couvrent également des secteurs directement liés aux activités productives et aux services essentiels. Dans l'élevage, Ceva Santé Animale a signé un accord avec le Groupe Kibervet portant sur la fourniture de produits et de services vétérinaires, mais également sur la construction d'un abattoir moderne.
L'enjeu est important pour le Tchad, où l'élevage occupe une place majeure dans l'économie et constitue une source de revenus pour une partie importante de la population. Ceva Santé Animale se présente comme le premier acteur français de la santé animale et le cinquième mondial, avec des activités notamment dans les vaccins et les équipements destinés aux animaux d'élevage.
Dans la santé humaine, le groupe Ellipse s'est engagé sur la construction de centres de santé et la formation du personnel infirmier. Le secteur de l'enseignement supérieur fait également partie des domaines ciblés. Un protocole conclu avec MOBIS prévoit la création d'un centre de recherche et d'enseignement supérieur consacré notamment à l'agriculture, à la santé, aux infrastructures et aux technologies numériques.
La formation professionnelle constitue un autre volet des accords annoncés à Paris. MK Formation prévoit la création d'une école de l'entrepreneuriat et le développement de formations aux métiers manuels, avec l'objectif de faciliter l'insertion professionnelle des jeunes Tchadiens.
Ce projet s'inscrit dans la continuité d'un accord signé en juin 2026 entre l'Office national de promotion de l'emploi (ONAPE) et CECCA Entrepreneurs Engagés. Celui-ci porte sur la formation et l'insertion de 5 000 jeunes et femmes dans les petits métiers.
Les entreprises françaises face au marché tchadien
Au-delà de leur diversité sectorielle, ces accords interviennent dans une phase où le gouvernement tchadien cherche à accélérer les investissements nécessaires à la transformation de l'économie. N'Djamena mise notamment sur Tchad Connexion 2030, son programme national de développement qui recense 268 projets et réformes, dont 124 considérés comme structurants.
L'ensemble représente un besoin d'investissement annoncé de 30 milliards de dollars. Le gouvernement vise notamment une hausse de plus de 60 % du produit intérieur brut d'ici 2030, la construction de 7 000 kilomètres de routes et la réalisation de cinq ports secs.
Dans ce cadre, le secteur privé étranger est appelé à jouer un rôle important dans le financement et la réalisation des infrastructures. Les accords signés à Paris placent ainsi plusieurs entreprises françaises sur des projets correspondant à certaines des priorités affichées par N'Djamena, de la logistique à la santé, en passant par l'élevage et la formation.
Le Forum d'affaires France-Tchad intervient quelques mois après les 20,5 milliards de dollars de promesses d'investissement recueillies à Abu Dhabi en novembre 2025. Cette enveloppe représente près des deux tiers des 30 milliards de dollars recherchés par le Tchad pour financer Tchad Connexion 2030.
Pour les entreprises françaises signataires, l'enjeu est désormais de passer des protocoles annoncés à Paris à la réalisation effective des projets. Les montants financiers associés aux différents accords, de même que leurs calendriers précis d'exécution, n'ont pas encore été rendus publics.
Claude Paul Tjeg
Publié le 26/09/26 14:41
La Rédaction
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