Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) veut faire du transport fluvial un levier de désenclavement des bassins de production et de réduction des coûts logistiques. Ainsi, un protocole d'accord signé ce 28 août, entre le Fonds de régulation économique (FOREC) et la Régie des voies fluviales (RVF), prévoit la mobilisation de 2,4 millions de dollars, soit 1,3 milliard FCFA, pour améliorer la navigabilité de près de 2 300 km de voies fluviales.
Les interventions prévues porteront notamment sur le balisage, le dragage, le désencombrement, ainsi que sur différentes opérations techniques destinées à sécuriser et fluidifier la circulation des embarcations, indique une note du ministère chargé de l'Economie publiée ce 28 août.
Au-delà de l'enjeu infrastructurel, le projet répond à une problématique centrale de l'économie congolaise : réduire le coût de l'acheminement des marchandises et mieux connecter les zones de production aux grands marchés de consommation. Dans un pays caractérisé par l'immensité du territoire et l'éloignement de nombreux bassins de production des principaux centres urbains, la question du transport constitue un facteur déterminant de compétitivité.
L'amélioration des voies navigables doit permettre d'offrir aux opérateurs économiques une capacité supplémentaire pour acheminer les marchandises, notamment les produits agricoles. En facilitant la circulation sur les axes fluviaux, les autorités cherchent à réduire les contraintes qui renchérissent actuellement le transport et limitent l'accès de certaines zones aux marchés. L'enjeu est particulièrement important pour les produits agricoles, dont les coûts et les délais d'évacuation peuvent peser lourdement sur la compétitivité des producteurs. Une meilleure navigabilité devrait ainsi faciliter le déplacement des récoltes depuis les bassins de production vers les grands centres de consommation, avec à la clé une circulation plus régulière des produits et une amélioration de l'approvisionnement des marchés.
Désenclaver les bassins de production
Le programme s'inscrit également dans une logique de désenclavement économique. Pour de nombreux territoires, l'accès aux marchés ne dépend pas uniquement de la capacité à produire, mais aussi de la possibilité d'évacuer rapidement et à coût maîtrisé les marchandises. En améliorant près de 2 300 km de voies fluviales, le gouvernement entend donc rapprocher les zones productives des pôles de consommation.
Cette connexion entre production et marchés pourrait avoir des effets sur l'ensemble de la chaîne de valeur : producteurs agricoles, transporteurs, commerçants, grossistes et consommateurs. Pour les producteurs, une baisse des coûts d'évacuation peut améliorer les marges et rendre certaines productions plus compétitives. Pour les consommateurs, une meilleure régularité de l'approvisionnement peut contribuer à limiter les tensions sur les marchés et, potentiellement, à réduire certaines surcharges liées au transport. À travers cet investissement, les autorités congolaises cherchent ainsi à replacer le transport fluvial au cœur de la stratégie de développement économique.
Publié le 29/08/26 13:29
Narcisse Angan
SN
CEMAC