Le gisement de cuivre de Makoko, situé dans la province du Lualaba, huit ans après sa découverte, confirme sa place parmi les grands projets censés renforcer l'offre minière de la République démocratique du Congo. Selon Ivanhoe Mines, la société canadienne qui le détient à travers le district de Western Forelands, une zone d'exploration détenue à 100% et localisée à proximité immédiate du complexe cuprifère de Kamoa-Kakula, les ressources du site viennent de progresser de 30%.
La nouvelle estimation porte les ressources indiquées à 42 millions de tonnes titrant 2,66 % de cuivre, et les ressources présumées à 612 millions de tonnes titrant 1,80 %. Les premières reposent sur une connaissance géologique plus précise, tandis que les secondes présentent un degré de confiance inférieur. Ces volumes restent des ressources minérales et non des réserves prouvées économiquement exploitables, une distinction que des études techniques ultérieures devront préciser. Le potentiel pourrait encore s'élargir, puisque les résultats d'environ 60 000 mètres de forages réalisés en 2026 n'ont pas encore été intégrés à cette dernière estimation.
La proximité géologique avec Kamoa-Kakula joue un rôle central dans cette dynamique. L'extrémité ouest du gisement de Kakula ne se trouve qu'à environ 10 kilomètres de l'extrémité est de Makoko, une configuration qu'Ivanhoe présente comme favorable au partage d'infrastructures et de savoir-faire entre les deux projets. Le complexe de Kamoa-Kakula a d'ailleurs produit 388 838 tonnes de cuivre en concentré en 2025, un niveau qui illustre la capacité de la région à porter une production à grande échelle et qui sert de référence pour ce que Makoko pourrait apporter à terme.
Une étude de cadrage attendue en 2027
Ivanhoe envisage pour Makoko un développement mêlant plusieurs fosses à ciel ouvert peu profondes et une exploitation souterraine, une combinaison censée réduire les dépenses initiales et rapprocher l'échéance de la première production. Le projet demeure à un stade d'exploration avancée. Une étude de cadrage, portant sur le scénario minier, les investissements nécessaires, les infrastructures, les coûts d'exploitation et le calendrier de développement, est programmée pour le premier trimestre 2027.
Des travaux préparatoires ont déjà démarré sur le site, avec la pose de clôtures, la construction de routes et la conduite d'études environnementales de base. Ivanhoe prévoit d'intensifier les forages au quatrième trimestre 2026 afin de mieux délimiter les zones de minéralisation peu profonde susceptibles d'être exploitées à ciel ouvert.
Pour justifier son ambition d'aller vite, le groupe met en avant l'exemple de Kamoa-Kakula, qui selon lui est "passé de la découverte à la première production en moins de six ans". Makoko s'inscrit dans un programme d'exploration plus vaste pour Western Forelands, avec plus de 80 000 mètres de forage au diamant et 16 000 mètres de forage à circulation inverse prévus pour 2026, pour un budget d'exploration porté à 86 millions de dollars.
La montée en puissance de Makoko s'inscrit dans une trajectoire d'un pays qui pèse déjà lourd sur le marché mondial des métaux stratégiques. La RDC demeure le premier producteur mondial de cobalt, et ses décisions sur les exportations influencent régulièrement les cours internationaux. En août 2026, Kinshasa a interdit l'exportation des concentrés de cuivre et de cobalt, avec des dérogations possibles dans certaines circonstances, une mesure qui traduit la volonté du pays de retenir davantage de valeur ajoutée sur ses ressources.
Claude Paul Tjeg
Publié le 08/09/26 16:23
La Rédaction
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CEMAC