Le gestionnaire d'infrastructures de télécommunications Helios Towers a formalisé le 18 mai 2026 un plan d'investissement révisé de 110 millions de dollars destiné au marché de la République Démocratique du Congo (RDC). Cette enveloppe vise à soutenir l'explosion de la demande de connectivité mobile et de services de données en province à travers l'installation de 3 000 à 3 500 baux d'emplacements supplémentaires sur l'ensemble de l'exercice 2026.
Confronté à un taux d'accès national à l'électricité structurellement bas (21%), l'opérateur de réseaux mutualisés intègre une composante énergétique lourde à son déploiement. Ce volet, adossé à un accord de partenariat conclu à la mi-mai 2026 avec l'Autorité de régulation de l'électricité (ARE) de la RDC, contraint Helios Towers à déployer des infrastructures énergétiques décentralisées (systèmes solaires hybrines et batteries de stockage) pour sécuriser l'alimentation de ses pylônes hors des grands centres urbains. Cet investissement consacre de fait le modèle de la tour télécom comme un levier privé d'électrification rurale en RDC.
Cet arbitrage budgétaire d'Helios Towers répond à l'impératif de réduction de ses coûts opérationnels, historiquement grevés par la dépendance aux générateurs diesel en zones isolées. La substitution progressive par le solaire thermique et le stockage par batterie lithium-ion permet au groupe de stabiliser ses marges à long terme tout en garantissant un taux de disponibilité réseau supérieur à 99,9% pour ses clients opérateurs (Airtel, Orange, Vodacom). Cette rationalisation des coûts est cruciale dans un marché congolais où le revenu moyen par utilisateur (ARPU) reste inférieur aux moyennes mondiales.
L'impact macroéconomique de cette extension de réseau dépasse la simple connectivité voix. En dotant les 23 provinces ciblées d'une infrastructure data stable, Helios Towers pose les fondations de la numérisation des services financiers en milieu rural, notamment le Mobile Money et les solutions de micro-assurance. Pour l'économie informelle congolaise, ce désenclavement numérique agit comme un accélérateur de bancarisation, facilitant les transactions agricoles et commerciales transfrontalières, en phase avec les objectifs d'intégration régionale de la sous-région.
Publié le 19/05/26 11:35
La Rédaction
SN
CEMAC