Après cinq mois de suspension, le cobalt congolais, ressource stratégique pour les batteries électriques et les technologies vertes, retrouve les circuits d'exportation. En effet, ce 16 octobre, l'Autorité de régulation des minerais stratégiques (ARECOMS) a donné son feu vert à 21 sociétés minières, pour reprendre leurs ventes à l'international, après une interruption imposée depuis avril 2025.
Voir aussi - RDC : Le gel des exportations de cobalt plombe les activités du suisse Glencore
Cette suspension avait été motivée par l'effondrement du prix du cobalt, tombé à 23 000 dollars la tonne, contre près de 80 000 dollars en février 2022, au pic de la demande pour les véhicules électriques. Depuis, les cours ont plus que doublé, atteignant 43 000 dollars la tonne, ce qui rend de nouveau rentable l'exportation du métal bleu.
En tête de la liste des entreprises autorisées à exporter figurent les grands acteurs internationaux : CMOC (China Molybdenum Company), qui bénéficiera d'un quota de 6 500 tonnes ; Glencore, géant suisse des matières premières, avec 3 900 tonnes, et Eurasian Resources Group (ERG), détenu à 40% par l'État kazakh, avec 2 000 tonnes.
Au total, la RDC prévoit 18 125 tonnes de cobalt exportées d'ici fin 2025, confirmant sa position de premier producteur mondial, représentant plus de 70 % de l'offre mondiale. La reprise des exportations représente une bouffée d'oxygène pour l'économie congolaise, qui dépend fortement des revenus miniers (près de 40% du PIB). Mais elle relance aussi le débat sur la gouvernance du secteur stratégique des minerais critiques, au cœur de la transition énergétique mondiale.
Publié le 17/10/25 17:58
Narcisse Angan
SN
CEMAC