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RDC : Washington récolte les premiers fruits de son offensive sur les minerais critiques

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Les États-Unis ont importé 225 094 tonnes métriques de cuivre raffiné et d'alliages de cuivre en juillet 2026, un record depuis le début des séries statistiques en 1990. Les données de Trade Data Monitor, publiées jeudi 3 septembre, font état d'une progression de 78 % sur un mois et de 8 % sur un an. Dans cette envolée des approvisionnements américains, la République démocratique du Congo (RDC) occupe une place devenue difficile à ignorer.

La RDC a représenté près du quart des volumes de cuivre importés par les États-Unis en juillet, soit environ 56 274 tonnes, derrière le Chili, qui en a fourni 46 %. Sur les sept premiers mois de l'année, les importations américaines de cuivre ont atteint 1,12 million de tonnes, en hausse de 4,2 % sur un an. Cette progression intervient alors que Washington cherche précisément à sécuriser ses approvisionnements en minerais critiques, en particulier auprès de la RDC, qui dispose des principales réserves mondiales de cobalt et figure parmi les grands producteurs de cuivre.

Washington cherche à verrouiller l'accès au cuivre et au cobalt

La montée en puissance des volumes congolais dans les importations américaines s'inscrit ainsi dans une offensive plus large de Washington visant à sécuriser durablement son accès aux ressources minières de la RDC. L'accord de partenariat stratégique conclu entre les deux pays le 4 décembre 2025 constitue l'un des principaux instruments de cette politique. Il organise un accès plus direct des entreprises américaines aux ressources congolaises.

Kinshasa doit notamment constituer une Strategic Asset Reserve, regroupant des actifs liés aux minerais critiques. Les entreprises américaines disposent d'un droit de première offre sur les projets concernés. Le texte prévoit également que la RDC facilite leur accès aux opérations d'offtake, ces contrats par lesquels un acheteur s'engage à acquérir une partie de la production future d'une mine. La diplomatie minière américaine se rapproche ainsi d'une logique d'approvisionnement commercial, en donnant aux entreprises américaines une position privilégiée sur les futures productions congolaises.

Mais sécuriser l'accès aux minerais ne suffit pas. Washington cherche également à peser sur les conditions de leur acheminement vers les marchés internationaux. C'est dans cette perspective que le corridor de Lobito occupe une place centrale dans le dispositif américain. Son développement doit favoriser l'acheminement du cuivre et du cobalt congolais vers l'Atlantique, en offrant une alternative aux circuits historiquement tournés vers l'est et fortement dépendants des infrastructures et réseaux commerciaux chinois.

L'accord fixe ainsi des objectifs ambitieux : faire transiter par le corridor de Lobito 50 % du cuivre et 30 % du cobalt congolais au cours des cinq prochaines années. Pour Washington, l'enjeu est donc autant de sécuriser la production que de diversifier les voies d'exportation afin de réduire la dépendance à l'égard des circuits dominés par la Chine.

Cette volonté de maîtriser davantage la chaîne d'approvisionnement se traduit aussi par des projets visant directement les acteurs commerciaux et les infrastructures minières. En décembre 2025, la Development Finance Corporation (DFC) américaine a exprimé son intérêt pour un investissement dans une coentreprise entre la Gécamines et Mercuria, destinée notamment à commercialiser du cuivre et du cobalt congolais. Washington a par ailleurs envisagé jusqu'à 1 milliard de dollars pour la réhabilitation et l'exploitation de la ligne ferroviaire Dilolo-Sakania, connectée au corridor de Lobito.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 03/09/26 18:04

La Rédaction

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