Le Congo réduit progressivement ses factures en souffrance, mais le poids accumulé au fil des années reste conséquent pour les finances publiques. À fin juin 2026, le stock des arriérés intérieurs s'établissait à 816,86 milliards FCFA, contre 835,75 milliards trois mois auparavant, soit une diminution de 18,89 milliards FCFA selon les données de la Caisse congolaise d'amortissement (CCA). Ces engagements échus et non réglés continuent ainsi de peser sur la trésorerie de l'État, qui doit simultanément honorer le service courant de sa dette et couvrir ses autres besoins budgétaires.
La composition de cette enveloppe montre que l'enjeu dépasse la seule gestion comptable de la dette. Selon le bulletin de la CCA, 55,26 % des arriérés intérieurs sont de nature sociale, 39,58 % correspondent à des arriérés commerciaux non conventionnés et 5,16 % à des arriérés de dette intérieure conventionnée hors marché des titres publics. Rapportées au stock de 816,86 milliards FCFA, ces proportions représentent respectivement environ 451,4 milliards, 323,3 milliards et 42,1 milliards FCFA. La CCA définit notamment la dette non conventionnée comme des engagements reposant sur des prestations, travaux ou services réalisés, mais ne faisant pas encore l'objet d'un échéancier formel de remboursement entre l'État et son créancier.
Mais le poids de ces arriérés doit être replacé dans une dette intérieure beaucoup plus étendue. En effet, celle-ci atteignait 5 575,21 milliards FCFA à fin juin, soit 58,29 % d'une dette publique totale de 9 564,28 milliards. Dans le même temps, les paiements effectués au titre de la dette publique ont atteint 730,67 milliards FCFA au deuxième trimestre, dont 703,04 milliards au titre du service prévu et 27,63 milliards consacrés à l'apurement d'arriérés. Ce dernier montant porte sur l'ensemble des paiements d'arriérés recensés par la CCA au cours du trimestre et ne doit donc, par conséquent, pas être assimilé intégralement à une réduction du seul stock de 816,86 milliards d'arriérés intérieurs.
La contrainte de trésorerie restera d'autant plus forte que les échéances courantes ne ralentissent pas. La CCA prévoit 894,59 milliards FCFA de service de la dette entre juillet et décembre 2026, dont 79,55 % relèvent de la composante intérieure, soit environ 711,6 milliards FCFA. Le calendrier est par ailleurs marqué par une concentration des remboursements en octobre et décembre, principalement liée aux titres publics. L'État doit donc arbitrer entre l'apurement progressif des anciennes créances et le respect des nouvelles échéances arrivant à maturité.
La tendance reste néanmoins favorable avec des arriérés intérieurs qui ont diminué de près de 19 milliards FCFA en trois mois. Leur niveau montre cependant l'ampleur de l'effort restant à fournir. Les 816,86 milliards FCFA encore inscrits à fin juin sont supérieurs aux 730,67 milliards de paiements effectués sur l'ensemble de la dette au cours du deuxième trimestre. Cette comparaison, établie à partir des données de la CCA, donne la mesure du stock restant à absorber. Pour Brazzaville, l'équation consiste donc à poursuivre cet apurement sans accroître excessivement la pression sur une trésorerie déjà sollicitée par le service courant de la dette.
Idrissa Diakité
Publié le 03/09/26 14:11
La Rédaction
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