menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

'' Le Sénégal a choisi de traiter sa dette plutôt que de la restructurer '', Ahmadou Al Aminou Lô

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ferme dans 3h3min

Au Sénégal, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a prononcé, le 8 septembre, sa Déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale. À cette occasion, le chef du gouvernement est revenu sur les relations avec le Fonds monétaire international (FMI) et sur le Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS), présenté par les autorités comme une alternative à une restructuration classique.

Selon lui, conclure un programme avec le FMI ne constitue pas une obligation. Toutefois, lorsqu'un pays traverse des difficultés financières auxquelles il ne peut apporter rapidement une réponse efficace par ses propres moyens, les conséquences d'une absence de coopération avec l'institution peuvent être considérables.

Le Premier ministre a également présenté le FMI comme l'institution compétente pour évaluer la trajectoire macroéconomique d'un pays et la soutenabilité de sa dette. Les discussions engagées autour d'un nouveau programme, axé notamment sur l'investissement et la transparence, doivent permettre de restaurer la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, de réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures, d'accroître les dépenses sociales et de soutenir une croissance durable portée par le secteur privé.

" Sur nos relations avec le Fonds monétaire international, les Sénégalais ont droit à la clarté. Les buts du FMI sont clairement indiqués à l'article premier de ses Statuts : promouvoir la coopération monétaire internationale ; faciliter l'accroissement du commerce international et, ce faisant, la croissance et l'emploi ; promouvoir la stabilité des changes en évitant les dépréciations concurrentielles ; donner confiance aux États membres en mettant les ressources générales du Fonds à leur disposition ", a expliqué le chef du gouvernement.

Un " choix autonome " pour traiter la dette

Ahmadou Al Aminou Lô affirme que le Sénégal a choisi, en toute autonomie, de traiter sa dette plutôt que de s'engager dans une restructuration classique. Selon lui, le PTDS, dont l'élaboration serait presque achevée, doit préserver à la fois les intérêts du pays et ceux de ses créanciers.

" Loin des scénarios distillés pour apeurer la population, le Sénégal n'a ni la même composition de dette ni les mêmes faiblesses structurelles que les pays qui ont choisi la restructuration. Rien ne nous est imposé. Nous avons opté pour le PTDS afin de restaurer la viabilité de la dette : mieux vaut agir tard que de foncer dans le mur. Nous allons ainsi rétablir la confiance des investisseurs de portefeuille comme celle des investisseurs directs étrangers et relancer une économie sénégalaise qui manque de plus en plus d'oxygène ", a-t-il déclaré.

D'après le Premier ministre, cette orientation doit également permettre de préserver la stabilité financière de l'Union monétaire ouest-africaine, les banques de la région étant exposées à la dette sénégalaise.

Poursuivant son diagnostic, Ahmadou Al Aminou Lô a reconnu que l'endettement du pays restait élevé. La croissance hors hydrocarbures s'est limitée à 2,2 % en 2025, tandis que le déficit budgétaire, bien qu'en recul, s'est établi à 6,4 % du PIB. Cette situation a contraint le gouvernement à renoncer à certains investissements publics sociaux et productifs, tout en compliquant la résorption du stock d'arriérés de paiement intérieurs.

Publié le 09/09/26 10:47

Mouhamadou Dieng

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

Y5Neeegio43X6POP51wz8Fjje6yR6OMOmlH2wuX0Z40 False