menu mobile

L’information économique au cœur des marchés africains

Sénégal : L’activité économique perturbée par un dossier politico-judiciaire

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 35h53min

La journée du lundi 15 mai a été agitée à Dakar. Les stigmates se ressentent ce mardi matin sur l'autoroute. Des débris de pneus brûlés, de grosses pierres éparpillées et plusieurs tronches d'arbres jonchées sur les rues et ruelles, constituent le décor.

Ce sont là les conséquences des affrontements entre les militants du leader du parti Pastef et les Forces de défense et de sécurité. Cela dans un contexte de procès pour viol qui oppose Ousmane Sonko à la masseuse Adji Sarr depuis mars 2021.

Une situation tendue qui n'épargne guère l'activité économique. L'ambiance à Pikine (en banlieue dakaroise) est assez illustrative. Même si une accalmie est notée en ce début de journée au quartier "Icotaf", l'ambiance reste tendue. Devant des pick ups, la Police veille au grain. En face d'eux, la boutique Auchan est complètement calcinée. Portes dérobées, vitres cassées, murs noircis par la fumée, l'accès y est impossible.

L'un des voisins de ce commerce du nom d'Ousmane Baldé remonte les événements. "C'est au bout de quelques minutes d'intifadas que des jeunes ont pu mettre le feu dans la boutique avant l'arrivée des renforts policiers. De mon lieu de commerce, je les attendais jubiler", témoigne-t-il, devant son kiosque à café.

Une autre boutique Auchan à Castor, non loin de la ville a également été saccagée. Le film des événements montrent certains jeunes en train de répondre au jet des gaz lacrymogènes par des pierres, au moment où de petits groupes repartent avec des provisions.

En mars 2021, au début de cette histoire de viol, 14 des 32 boutiques Auchan ont été attaquées par les manifestants qui ciblent particulièrement les enseignes françaises.

Des bus saccagés

La Société de Transport public, Dakar Dem Dikk a pourtant joué la carte de la prudence. À travers un communiqué publié dimanche, elle informait les usagers de la suspension de ses lignes pour la journée du lundi 15 mai 2023.

Malgré l'alerte, le patrimoine national a subi la colère des manifestants. À côté des bus caillassés, une dizaine de véhicules ont été calcinés dans le dépôt de Keur Massar (en banlieue dakaroise).

Comme à chaque manifestation, Dakar Dem Dikk a payé un lourd tribut poussant la direction générale à la réaction. "Des actes de vandalisme regrettables se sont produits à Keur Massar la nuit du lundi 15 au mardi 16 mai 2023 dans notre dépôt abritant des épaves de bus de la société. Dakar Dem Dikk condamne avec fermeté ces actes insensés et appelle à plus de conscience et à la protection des biens de la communauté", a réagi la Société via un communiqué.

Peur sur l'activité commerciale

A chaque fois que des manifestations éclatent, plusieurs commerçants sont obligés de fermer boutique. C'est le cas d'Abdoulaye Sall. Ses produits sont essentiellement constitués de denrées alimentaires. Sa proximité géographique avec les Boutiques Auchan lui porte préjudice.

Ainsi, il se résigne aux pertes économiques. "Je suis obligé de fermer boutique. Sinon les marchandises peuvent être emportées. Au minimum, c'est une perte de plus de 150 000 Fcfa de chiffres d'affaires par jour", estime le commerçant, derrière son comptoir.

Bakary Sarr, lui est dans la vente de téléphones de marque à Colobane. Son business ces temps-ci est perturbé par les différents dossiers politico-judiciaires. Ce qui constitue un véritable frein pour lui. "À la veille d'un procès, les livraisons sont suspendues. Pour préserver nos articles, nous sommes obligés de fermer nos magasins. Ça implique d'importantes pertes mais au moins nos produits sont à l'abris", considère Bakary.

Publié le 16/05/23 15:32

Mouhamadou Dieng

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

xxcEkyj18aMzaY7__BEg7k_F6PhrDl7dUSYCcjtn5Co False