La Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) a tiré la sonnette d'alarme sur la dégradation de la position extérieure globale (PEG) du Sénégal. Selon un rapport publié récemment, la PEG qui retrace, tous les avoirs financiers et engagements financiers à l'étranger, a enregistré un déficit de 13 889,3 milliards FCFA en 2022, soit une augmentation de 3 327,9 milliards FCFA par rapport à l'année précédente.
Cette dégradation s'explique principalement par l'accroissement des engagements financiers du pays, notamment les investissements directs étrangers (+1 801,1 milliards FCFA), les investissements de portefeuille (+545,7 milliards FCFA) et les autres investissements (+1 495,5 milliards FCFA).
Si les avoirs du Sénégal ont également augmenté (+514,3 milliards FCFA), la hausse des engagements a été plus importante, creusant ainsi la dette extérieure du pays. Cette situation est préoccupante car elle expose le Sénégal à une plus grande vulnérabilité aux chocs économiques externes.
Les investissements directs étrangers, principaux responsables de l'endettement
Les investissements directs étrangers (IDE) ont joué un rôle majeur dans l'augmentation de la dette extérieure du Sénégal en 2022. Ces investissements, qui correspondent aux prises de participation durables d'entreprises étrangères dans des sociétés sénégalaises, ont atteint 1 801,1 milliards FCFA.
Cette hausse des IDE est certes un signe de l'attractivité économique du Sénégal, mais elle doit être accompagnée d'une meilleure gestion pour éviter que le pays ne se retrouve sous la pression des créanciers étrangers.
Face à cette dégradation de la PEG, il importe pour les autorités sénégalaises de privilégier notamment les investissements productifs qui génèrent des recettes d'exportation et de limiter les emprunts extérieurs.
Notons que le gouvernement sénégalais a déjà pris certaines mesures pour réduire sa dette, telles que la mise en place d'un plan d'apurement des arriérés de paiement. Cependant, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour garantir la viabilité de la dette extérieure du pays et préserver sa stabilité macroéconomique.
Mamadou Diao BARRY
Publié le 29/05/24 00:53
La Rédaction
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